pour effet un accaparement de la vie administrative sarroise. La France oriente,
conseille, contrôle, à proprement parler elle ne dirige pas. L’existence d’une
assemblée perdrait tout son sens si le conseil intitulé Conseil de Gouvernement issu
de l’assemblée, et responsable devant elle, venait à être considéré par l’opinion
publique comme étant à la discrétion de la France. Les membres du Conseil de
Gouvernement doivent peu à peu effectivement diriger ces services, exercer un
pouvoir réglementaire, tout doit être fait pour que dans ses contacts quotidiens, le
Sarrois ait affaire à des administrations sarroises, dirigées par des Sarrois, et n’ait
pas l’impression de se heurter en toute occasion à une armature administrative
implantée par l’autorité française. S’il est nécessaire de placer des Français à
l’intérieur de ces administrations, et ça et là de substituer ou de juxtaposer à un
directeur défaillant un conseiller technique qui sera en même temps le supérieur des
agents français inclus dans les services sarrois, pareil état de choses ne devra être
tenu pour normal et pour durable que dans les services limitativement désignés au
préalable.
Lorsque la commission d’adaptation et de modernisation de l’industrie sarroise
aura déposé ses conclusions, des directives d’ordre économique seront rédigées qui
compléteront cette première instruction.
Je vous prie de bien vouloir garder à ces instructions un caractère confidentiel et de
les faire communiquer à l’Administrateur Général pour le Gouvernement de la zone
française d’occupation, au Directeur Général des Affaires Economiques et
Financières, au Gouverneur de la Sarre ainsi qu’à son Conseiller économique.
288