ne pouvait traiter séparément les questions allemandes. Celle de la Sarre lui paraissait
essentielle et ne saurait à ses yeux être résolue indépendamment des autres.
J’ai alors indiqué que la situation actuelle de la Sarre nous obligeait à prévoir un
certain nombre de pratiques qui ne préjugeaient pas des décisions de principe à
intervenir, mais devaient permettre de faire face aux difficultés ravitaillement [sic]
et de développer la production du charbon dans des conditions meilleures pour
nous. Monsieur Molotov m’a répondu que la question devait être étudiée dans son
ensemble et qu’il souhaitait voir les services français s’intéresser aussi au règlement
des réparations. Si la France estime qu’elle peut nous soutenir, a-t-il ajouté,
nous n’aurons pas de difficulté de trouver un terrain commun.
Comme je remarquais que la demande soviétique posait un problème du niveau de
l’industrie allemande, il a rappelé la différence entre les industries de paix, qui
doivent être contrôlées par les quatre Puissances et l’industrie de guerre, dont la
destruction doit être complète. Ces conceptions ne pouvaient à ses yeux paraître
contraires aux intérêts de la France.
Il ne fallait pas oublier d’autre part l’étendue des ravages soufferts par l’U.R.S.S.
Ses usines, ses routes et ses (mot omis) [sic] avaient été détruits non seulement par
les Allemands, mais par les Russes eux-mêmes pendant leur retraite et tout était à
refaire. L’union soviétique n’aimait pas à se plaindre mais elle ne pouvait laisser
ignorer importance capitale que présentait pourtant question réparations.
Le Gouvernement Français a conclu Monsieur Molotov doit maintenant décider s’il
estime que les demandes soviétiques méritent un examen approfondi.
Rien ne serait plus favorable à un progrès dans le règlement des affaires allemandes./.
Couve de Murville
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