contact direct et confidentiel donnera de meilleurs résultats que l’étude au sein du
Conseil des Quatre.
M. Bidault: J’accepte votre suggestion,
III. -[•••]
IV. - Sarre
M. Bidault: Je voudrais maintenant vous parler de la Sarre. Depuis le discours
prononcé par M. Molotov au Conseil des Ministres des Affaires Etrangères, depuis
le discours de Stuttgart, l’Allemagne est aux enchères.
Ceci est profondément ressenti par les Français. La situation intérieure française est
certainement difficile. Je pense que finalement je gagnerai, mais il est nécessaire
que sur le plan extérieur la France ait quelques satisfactions.
Ce que je viens de vous dire est un „top secret“. J’en ai déjà entretenu M. Bymes
et, le moment venu, j’aviserai M. Molotov. Mais j’en parle d’abord, et en confiance,
à vous-même et à M. Bymes, car vous vous êtes l'un et l’autre prononcé en
faveur des idées françaises en ce qui concerne l’avenir de la Sarre.
Je ne vous demande ni bénédiction, ni accord. Je vous demande de ne pas vous
opposer à certaines mesures que nous prendrons dans le domaine douanier et
monétaire. Il ne s’agit nullement d’annexion politique. J’y ai toujours été défavorable
et je m’y suis opposé lorsque c’était l’idée de de Gaulle.
Mais depuis deux ans, je crie dans le désert. La situation faite à la France est
cruelle. Il faut faire un pas en avant.
D’ailleurs, en Sarre, 75 % des Allemands ont exprimé un vote qui est favorable au
rattachement économique de la Sarre à la France. Ces Allemands se demandent
aujourd’hui ce que font les Français. Pourquoi ils ne passent pas à Faction?
M. Bevin: Que pense M. Molotov? Je crois qu’il ne sera pas favorable.
En ce qui me concerne je n’ai prononcé ni le discours de Stuttgart, ni le discours de
M. Molotov. Et cela, parce que j’ai pensé à vous, sans cesse. Je pense à vos
élections, aux difficultés auxquelles vous étiez en proie et au surplus mon
Gouvernement a décidé d’appuyer, le moment venu, vos demandes sur la Sarre.
La question que vous me posez aujourd’hui est beaucoup plus grave et difficile. Je
tiens à y réfléchir.
M. Bidault: Je désire préciser qu’il s’agit pour nous uniquement de mesures conservatoires
et que c’est au cours de la discussion du traité de paix que la décision
finale devra être prise.
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