Il y aurait eu à beaucoup d’égards un intérêt certain à décider le rattachement
administratif de la Sarre à une autorité centrale telle que le Commissariat Général
aux Affaires Allemandes. Cependant, les mesures précédemment indiquées, tout en
préparant le statut futur de la Sarre, restent pour l’essentiel dans le cadre qui est
imposé à la France par les accords existants. Il parait donc difficile de consacrer, au
stade actuel, la séparation entre le territoire et le reste de la zone dont il demeure
solidaire, sans rencontrer de sérieuses difficultés d’ordre administratif, économique
et financier, en ce qui concerne par exemple le contrôle des prix, les questions de
Trésorerie, etc...
Mais il serait souhaitable de mettre à l’étude une réorganisation accordant à l’administration
sarroise la plus grande mesure possible d’autonomie, ainsi que de
prévoir la structure administrative future qui sera mise en place lors du rattachement
effectif.
Toutes ces mesures devront, pour avoir plein effet, être prises rapidement: la mise
en place du cordon douanier, dans les seuls délais nécessaires à son exécution,
l’attribution des rations françaises en même temps que cette mise en place;
l’émission d’un timbre spécial devra être entreprise immédiatement; de même, les
mesures destinées à resserrer les liens économiques entre la Sarre et la France
doivent être mises en œuvre sans retard; le rachat des banques sarroises devrait
pouvoir être réalisé dans un délai de trois mois environ. L’échange monétaire ne
pourra être décidé qu’en fonction de la conjoncture politique, mais les études préliminaires
doivent être faites et les mesures conservatoires indispensables prises
sans délai.
Il conviendra, dans la réalisation de l’ensemble de ces opérations que les administrations
locales n’aillent aucunement au-delà du programme qui leur sera tracé
par Paris afin d’éviter de provoquer au sein du Conseil de Contrôle des réactions
dont l’effet pourrait être nuisible sur le plan politique général.
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