L’application de ces règles constitue évidemment une entrave à la reprise des
échanges franco-sarrois traditionnels surtout pour les opérations à caractère
frontalier.
C’est pourquoi j’envisage de conclure avec la métropole un accord frontalier
franco-sarrois et de créer, pour l’exécution de cet accord, une Caisse de
Compensation particulière. Le représentant à Sarrebruck de l’Office du Commerce
extérieur de la zone française serait doté de pouvoirs lui permettant d’agir dans le
cadre de l’accord. Il serait désirable qu’il en fut de même pour le représentant du
Service des Importations et Exportations à Metz.
Conclusion
En conclusion il semble que l’annexion de la Sarre ne doive pas présenter du point
de vue politique et administratif de difficultés sérieuses de nature à inciter le Gouvernement
à prendre des précautions spéciales dans les négociations diplomatiques.
Par contre:
1° - Si l’attribution de la Sarre à la France devait avoir pour conséquence
l’extinction totale de la créance française de réparations, notre pays risquerait
d'être privé d’autres éléments de réparations très importants pour lui (notamment
outillages très perfectionnés des usines de la rive droite française),
2° - La forte capacité de production de la sidérurgie sarroise qui représente 30 %
de la sidérurgie française elle-même exportatrice poserait un très difficile problème
de recherche de débouchés si le démantèlement de l’industrie de la Ruhr ne devait
lui assurer en dehors même des débouchés extérieurs de l’Allemagne, une grande
partie du marché intérieur allemand.
Il semble donc en définitive que les négociateurs français auprès des Alliés
devraient insister particulièrement pour que d’une part l’annexion de la Sarre n’entraîne
pas l’annulation de notre créance de réparations, et pour que d’autre part,
l’industrie de la Ruhr soit en très grande partie anéantie conformément aux projets
russes.
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