Production industrielle
I - Les Mines de charbon
La France attend surtout de la Sarre du charbon. La production des Mines devrait
être poussée au maximum. Il y a lieu de noter toutefois que la France ne reçoit
actuellement qu’un pourcentage variable chaque mois, de la production totale, en
raison du système interallié de répartition du charbon sarrois, système qu’un
rattachement de la Sarre à la France ferait sans doute disparaître.
En Mai 1945, les Américains avaient repris l’exploitation des Mines à une cadence
de 3.500 tonnes par jour. La mise en place de la Mission Française des Mines puis
l'installation du Gouvernement Militaire français, devaient permettre un accroissement
ininterrompu des tonnages extraits qui passèrent de 8.000 tonnes par jour en
Juillet à plus de 22.000 tonnes en Décembre représentant 50 % environ de la production
d’avant-guerre. La mise sous séquestre des Mines qui étaient propriété du
Reich doit permettre de préparer efficacement leur intégration à l’économie
française.
II - La Sidérurgie
La reprise de l’activité industrielle sarroise était dominée par deux séries de considérations
particulières:
- il fallait d’une part assurer la production des marchandises destinées à la reconstruction
française ou aux mines,
- d’autre part ne pas donner à l’industrie sarroise une situation avantageuse par
rapport à l’industrie française.
Ces considérations et la pénurie de charbon expliquent pourquoi la sidérurgie
sarroise ne fut remise en activité que très partiellement et tardivement. Le haut
fourneau des usines Röchling à Völklingen remis en activité en Décembre, permettra
la production mensuelle de 10 à 12.000 tonnes d’acier. L’usine de Dillingen
produira 5.000 tonnes. L’ensemble de cette production représentera 7,3 % de la
capacité totale de la sidérurgie.
Il semble d’ailleurs que le problème principal posé par la sidérurgie sarroise à
l’heure actuelle soit moins un problème de production qu’un problème
d’administration.
J’ai fait mettre sous séquestre français les puissantes usines de Röchling en raison
de l’attitude antifrançaise de leur propriétaire et de son appartenance au parti nazi.
Pour des raisons différentes, j’ai décidé de prendre une mesure analogue à l’égard
des usines de Brebach, encore inactives et dans lesquelles les intérêts français
viennent de reprendre l’intégrité de la participation qu’ils avaient cédés aux allemands
sous l’occupation.
Il semble qu’il soit désirable de généraliser cette mesure et de l’appliquer à
l’ensemble de la sidérurgie.
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