de la Sarre tomba sous la domination française et y demeura jusqu’en 1814 ou
même 1815 pour les régions de Sarrelouis et Sarrebruck.
De 1919 à 1935, la Sarre a connu un régime international où la France, qui avait la
propriété des mines, occupait, en fait, une situation prépondérante.
Ainsi, au cours des trois derniers siècles, la Sarre n’a été complètement soustraite à
notre influence que de 1815 à 1919.
2°) Raisons militaires:
Bien que la véritable barrière à l’abri de laquelle repose notre sécurité soit le Rhin,
la vallée de la Sarre constitue une excellente ligne de défense naturelle qui a été
utilisée pour les premiers ouvrages du Westwall. La rive gauche de la Sarre paraît
même, à cet égard, plus avantageuse que la rive droite.
D’autre part, en privant l’Allemagne d’une région où prospèrent les mines et la
grosse métallurgie, nous affaiblirons son potentiel industriel, et par conséquent militaire,
tout en renforçant d’autant le nôtre.
3°) Raisons économiques:
La Sarre, pays industriel où un dixième seulement de la population vit de l’agriculture,
a besoin des produits alimentaires de la riche région agricole qu’est la
Lorraine voisine. Dotée d’une importante industrie sidérurgique, mais complètement
dépourvue de minerai de fer, elle a également besoin de la minette lorraine, et
celle-ci constitue le fret normal de retour des importants moyens de transport que
nécessitent les expéditions de charbon.
4°) Raisons politiques:
Le plébiscite du 13 janvier 1935 a donné 88 % des voix à l’Allemagne, mais la
pression nazie a été extrêmement forte, alors que notre action était freinée par le
régime international et ne recevait pas l’impulsion nécessaire. L’Autriche, qui vient
de proclamer son indépendance, a, dans des conditions à peu près analogues, donné
plus de 99 % des voix en faveur du rattachement au Reich.
La population de la Sarre, si elle est allemande de race, comme de langue et de
mœurs, ne paraît pas avoir de conscience nationale bien affirmée et est essentiellement
accessible aux influences. Comment en serait-il autrement d’une population
qui a vu la frontière changer quatre fois depuis 1870 et s’attend à une
nouvelle délimitation? Le Sarrois, absorbé par une vie difficile, par un labour
épuisant à la mine ou à l’usine, attend avant tout de ceux à qui il confiera ses
destinées, la tranquilité et la prospérité économique, bienfaits qu’il a connus
pendant l’union douanière à la France, mais qu’il n’a pleinement appréciés que
sous l’empire des difficultés provoquées par l’incorporation au Reich.
II - Conditions de faction particulière à mener en Sarre.
Les considérations développées plus hautes postulent une politique d’assimilation
très poussée. Celle-ci ne pourra trouver son plein épanouissement que lorsque le
statut définitif de la Sarre aura été fixé, mais il serait possible, dès maintenant, de
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