l’épuration doit chasser de tous les postes où il auraient des responsabilités importantes,
les nationaux-socialistes avérés.
Là où par nécessité des hitlériens [sic] devraient rester en fonctions, ils doivent être
placés sous l’autorité immédiate de chefs nouveaux, choisis par leur activité contre
le Parti et la solidité de leurs convictions.
Nous diminuerons ainsi les risques de sabotage, et nous nous gagnerons les
meilleurs des allemands. Si l’autorité française ne connaît qu’une sorte d’allemands,
elle risque de les avoir un jour tous contre elle; si elle sait distinguer ceux
dont elle peut espérer une collaboration sincère et si elle frappe sans faiblesse les
tenants de l’ancien régime elle augmente ses chances de succès.
L’épuration ne frappera pas que des fonctionnaires. Le commerce et l’industrie ne
doivent pas y échapper. S’il est vrai que les „Junkers“ et les militaires prussiens ont
été l’arme du pangermanisme et du nazisme, les industriels, les magnats du charbon,
du fer, de l’industrie chimique et les grands financiers ont été leurs meilleurs
soutiens. De plus l’industrie allemande dispose de „cadres“ ingénieurs, juristes,
techniciens de toutes sortes particulièrement disciplinés et dont la politique a
toujours été le super-nationalisme.
Aucun des ces hommes ne figure sur la liste des criminels de guerre, beaucoup
n’avaient que des relations assez lâches avec le parti national-socialiste. Ils n’en
sont pas moins dangereux. Il serait choquant que l’épuration frappe sans pitié les
instituteurs et ignore les dirigeants des industries d’armement, il faut que des
mesures administratives les atteignent, leur ôte la direction de leurs entreprises, les
mettent hors d’état de nuire, en abritant chez eux, ceux que nous aurions chassés
des fonctions publiques.
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