Nr. 3c: Vermerk über das deutsche Problem, secret.
19.7.1945
Centre Historique des Archives Nationales, F 60-3034/2; Archives du Ministère des
Affaires Étrangères, Y (1944-1949) 433.
Document n° 3
Note sur le problème allemand
Compte tenu de nos intérêts divers, et compte tenu aussi de ce que nous connaissons
des accords passés entre les Alliés concernant l’avenir de l’Allemagne et de la
situation de ce pays, on peut dégager les quelques idées générales suivantes dont
certaines d’ailleurs sont contradictoires:
1°) L’expression „Allemagne“ comprend, en principe, les territoires qui faisaient
partie du Reich avant 1938, c’est-à-dire avant les entreprises d’agression du Gouvernement
hitlérien. L’Autriche, le territoire des Sudètes, Eupen et Malmedy,
Memel et tous les territoires qui faisaient partie de la Pologne s’en trouvent donc
formellement exclus. En revanche, la Sarre, annexée en 1935 à l’Allemagne après
un plébiscite et conformément aux stipulations du Traité de Versailles, en fait
partie. C’est cette „Allemagne“, réduite à ses limites de 1938 mais dans toute
l’étendue qu’elle avait alors, qui paraît devoir être régie par les décisions du
Comité de Contrôle.
[...]
10°) Dans notre zone, où nous pourrons exercer plus facilement qu’ailleurs une
action pour le développement des tendances séparatistes ou autonomistes, nous
nous heurterons à un obstacle tenant à son tracé même.
En effet, cette zone ne constitue une unité ni au point de vue politique, ni au point
de vue ethnique. Chacune de ses parties a toujours été rattachée à d’autres tronçons
territoriaux et dépendait de capitales administratives extérieures (la Sarre et le Palatinat
exceptés [sic]). Pour faire une politique rhénane cohérente, il faudrait pouvoir
agir sur toute la rive gauche du Rhin et ne pas être absents de Cologne, la
métropole historique de cette région. De même, on conçoit mal un politique de
l’Allemagne du Sud basée sur trois tronçons différents, dépourvus des anciennes
capitales et dans lesquels l’unité de religion n’existe pas.
L’éventualité dans laquelle nous sommes de ne pouvoir compter sur un fonctionnement
satisfaisant du contrôle dont le mécanisme quadripartite paraît trop lourd doit
nous amener à envisager l’obligation d’avoir à nous replier un jour sur notre zone
et de prévoir ainsi l’hypothèse la plus défavorable, c’est-à-dire celle où le contrôle
commun s’étant avéré impraticable, nous n’aurions plus que cette zone comme
base de notre politique allemande.
227