mande, ia France aura une sorte de mandat permanent le chargeant de l’administration
locale. La disparition des cadres allemands, un effort de propagande
culturelle fondé sur le prestige de l’université de Strasbourg, enfin, un changement
de la hiérarchie catholique dans un sens français pourront faciliter l’intégration du
pays dans notre économie. Il serait vain d’en espérer davantage; car si la tâche est
progressive et relativement aisée, son succès ne pourra changer l’état d’esprit de la
population sarroise, qui, loin de se rapprocher de la France, s'en détachera sans
doute lorsque l’Allemagne se relèvera de sa défaite.
Le rattachement à la Rhénanie nous pose des problèmes du même ordre, puisqu’il
s’agit encore de placer la Sarre sous un régime international. L’administration
rhénane du territoire ne rencontrera pas de grands obstacles; le statut de la
Rhénanie doit spécifier qu’aucune entrave ne doit être apportée à l’exploitation
économique du pays par la France. Ce régime comporte les moindres difficultés de
politique internationale. Mais il aggrave la question alsacienne et présente une
stabilité relativement faible, car la Rhénanie peut retourner au Reich plus rapidement
encore que la Sarre.
Le Traité de Versailles a donné au problème une première solution; elle a le mérite
de reconnaître et de définir une unité géographique, la région industrielle sarroise.
11 faut en modifier, non pas les contours, mais le régime. Le choix de ce dernier dépend
pour la France de l’effort qu’elle est capable de fournir après la fin des
hostilités. Si elle veut assurer de façon définitive l’exploitation des ressources
sarroises, elle doit courir les risques politiques d’un transfert de population. Si
pareille détermination parait trop hasardeuse, la durée du nouveau régime correspondra
à celle d’une organisation internationale des pays rhénans.
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