mande. Elle écarte de ce petit pays industriel la menace d’un double cordon
douanier.
Les inconvénients de ce régime tiennent à l’écoulement difficile en France de certains
produits sarrois (métallurgie lourde, verrerie, céramique). Il suffirait pour surmonter
cet obstacle de réduire - ou plus simplement de ne pas reconstruire - les
entreprises intéressées.
Une autonomie économique rendrait vaines toutes les garanties nécessaires à notre
pays. Elle susciterait, en outre, des difficultés politiques qui pourraient compromettre
l’application de notre programme économique.
II - Les difficultés politiques
L’union économique de la France et de la Sarre signifie la participation étroite des
Sarrois à la vie quotidienne de notre pays. Dans quelle mesure accepteront-ils cette
situation? Comment pourrons-nous surmonter les difficultés éventuelles? Autant de
questions politiques auxquelles seule la géographie humaine peut apporter une réponse.
1°) Géographie humaine de la Sarre-Les
caractères originaux de la population sarroise apparaissent quand on la considère
au triple point de vue de son évolution démographique, de sa répartition géographique
et de son organisation sociale.
Dans les peuplements des territoires sarrois, la fin des campagnes napoléoniennes
marque une rupture. Les siècles qui précèdent voient l’accroissement progressif
d’une population réduite à presque rien par la guerre de Trente ans. Occupé à plusieurs
reprises par la France, le pays reçoit de nombreux émigrés français: sous
Louis XIV c’est en 1681 la fondation de la forteresse de Sarrelouis, puis viennent
les protestants réfugiés après la révocation de l’Edit de Nantes. Dans les décennies
suivantes, les Lorrains prennent une part prépondérante dans le peuplement de la
Wamdt et des zones boisées qui la prolongent au Nord. A Dudweiler, le français
fut la seule langue parlée à l’école et à l’église jusqu’en 1704.
Par contre, le dix-neuvième siècle se caractérise par un essor démographique rapide
et dans lequel la France n’a plus qu’une part infime. L’accroissement est d’importance,
puisque la population est passée de 80.000 à 620.000 habitants en 130 ans. Il
correspond à l’essor industriel et reste comparable à celui des autres grands bassins
houillers d’Allemagne. Il s’en distingue cependant par sa généralité et la part qu’y
a prise la natalité. Aucun des cercles ruraux englobés dans le territoire n’a marqué
à aucun moment une diminution. La natalité a toujours été très forte et même s’est
accrue au cours du siècle dernier. Elle était en 1913 de 32,7 % avec un excédent de
18,9 % sur la mortalité, et si ces chiffres sont tombés en 1930 à 21,6 et 11,0 %, ils
sont encore très supérieurs aux nombres correspondants de France et d’Allemagne.
Si important fût-il, cet accroissement naturel ne pouvait suffire aux besoins de l’industrie.
11 y eut une immigration forte et régulière dans laquelle Lorrains et Palatins
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