pas permis un essor aussi rapide que dans la Ruhr. En 1919, les Français espéraient
porter rapidement à 20 millions de tonnes la production qui était tombée à 8 millions:
En fait, le chiffre de 13,6 millions de tonnes atteint en 1914 marque un maximum.
C’est que l’écoulement du charbon sarrois rencontre de nombreuses difficultés.
La vente est, en effet, limitée par l’absence de certaines qualités recherchées, par
l’insuffisance des moyens de transports et par les changements dans le régime économique
du territoire. La houille sarroise présente une haute teneur en matières
volatiles, ce qui en fait un excellent charbon à gaz mais elle donne un coke trop
friable pour la métallurgie.
L’expédition du charbon sarrois, produit lourd, est gênée par la médiocrité des
voies d’eau qui ne peuvent assurer le dixième des expéditions. Il y a là une grosse
infériorité par rapport à la Ruhr.
Enfin, la répartition des ventes est instable. En 1915, le territoire allemand absorbait
82,7 % de la production sarroise qui était dirigée vers 1’Alsace-Lorraine et
l’Allemagne du Sud. La France n’achetait qu’un dixième de la production pour ses
usines à gaz. Sous le régime du Traité de Versailles, la part de la France est passée
à 64 %. Privé de son ancienne clientèle, le charbon sarrois a dû conquérir un nouveau
marché jusque dans les régions parisienne et lyonnaise.
Pour surmonter ces difficultés on a songé à valoriser la houille en la transformant.
Des plans allemands ont été établis pour la transporter jusque sur les bords du Rhin
sous forme de gaz et d’énergie électrique. L’administration française a cherché une
solution au problème de l’utilisation du coke sarrois dans les hauts fourneaux. On
mélange aujourd’hui dans certaines cokeries lorraines les charbons gras de Sarre
aux houilles belge et hollandaise. La réussite d’une pareille tentative assurerait aux
mines sarroises une clientèle d’autant plus stable en France, qu’elles n’ont pas à y
craindre, comme en Allemagne, la concurrence de la Ruhr.
2°) Les autres éléments de l’économie sarroise.
Après la houille, la sidérurgie est un élément essentiel de la prospérité sarroise. 30
hauts-fourneaux et 4 grandes aciéries produisaient en 1929 2.104.940 tonnes de
fonte et 2.208.900 tonnes d’acier, La métallurgie fait vivre le quart de la population.
Comparable en importance à l’industrie minière, elle en diffère par une
prospérité moins constante. Car, en dépit de sa situation sur un bassin houiller et à
proximité d’un puissant gisement de fer, elle se ravitaille difficilement en minerai
et en coke.
La solidarité naturelle entre la métallurgie sarroise et le minerai lorrain a changé
souvent de forme. Les maîtres de forge sarrois, achetèrent d’abord du minerai, puis
de la fonte lorsque leurs filiales de Lorraine assurèrent cette production à meilleur
compte. Quand en 1920, ces entreprises retombèrent entre des mains françaises, la
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