culturels des travailleurs de la région. Aux autorités de répondre à l'attente des
travailleurs de cette «région européenne».1
Dans une région marquée par la crise économique et dont la reconversion est
une nécessité (nous n'avons pas besoin de rappeler les nombreux «plans acier»),
il s'agit de défendre les mtérêts des salariés de cet espace transfrontalier:
- vis-à-vis des Etats nationaux et des pouvoirs publics, car, par exemple,
certains plans de restructuration industrielle ont été élaborés par les acteurs
nationaux;
- vis-à-vis de la Communauté Européenne, dont certains organes de création
récente s'occupent justement des espaces régionaux (Fonds Européen de
Développement Régional = FEDER) ou de politique sociale (Fonds Social
Européen = FSE), ou même de politiques industrielles (plan Davignon);
- vis-à-vis d'autres partenaires sociaux (patronat, mais également Land ou autres
organisations territoriales dans le cadre de la protection sociale, voire de
l'emploi et de la formation).
Ainsi, face aux multiples décideurs qui ont en charge la reconversion d'une
région économiquement éprouvée, le Conseil syndical interrégional constituerait
un contrepoids social efficace. Cela est d'autant plus important qu'une coopération
transfrontalière existe déjà dans certains domaines, s'ébauche dans d'autres
secteurs. Citons par exemple la coopération entre les délégations régionales et
départementales de l'Agence Nationale pour l’Emploi et le Landesarbeitsamt de la
Sarre, ou encore celle entre les Untemehmerverbande et l'Union patronale de
Lorraine. Cette coopération pourrait avoir un contenu plus social si une organisation
transfrontalière des salariés pesait sur les politiques régionales.“
Mais au-delà de ces aspects défensifs, le Conseil poursuivait également d'autres
ambitions, plus constructives. Il s'agissait pour lui de prendre position sur les
grands problèmes concernant l'espace transfrontalier: l'énergie, les transports,
l'environnement, voire même la question d'une planification comme outil de
développement régional. Le CSI serait un des lieux de réflexion et de débat d'ou
surgiraient des propositions pour l'aménagement d'un espace transfrontalier. Un
réseau d'organisations syndicales et de syndicalistes dessmerait, par ses propositions,
les contours d'une Europe des régions (qui aurait forcément un fort contenu
social). Un coin d'Europe se mettrait alors en marche dans le périmètre Saar-Lor-Lux!3
Cette perspective est un défi pour les organisations syndicales ellesmêmes,
car elles doivent se doter d'instruments de coopération et d'une structure
qui répondent à ce grand dessein.
1 Communautés européennes. Informations syndicales - Juillet-Août 1976 n” 7/8 - Journal
syndical édité par la division « Syndicats » de la Direction générale de l'information, p. 29.
2 Cf. FO. Hebdo. Organe officiel de la CGT-Force Ouvrière, n* 1497, 2 février 1977.
3 Cf. Le Combat social. Union départementale des syndicats FO de la Moselle, 4" trimestre
1977, n 65.
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