aufgrund ihres eigenen schlechten Gewissens.60 Hier mag manches pamphletisch
verkürzt sein; im Grundsatz und unabhängig von der jeweiligen Situation
trifft jedoch, was er über die psychosozialen Folgen einer sprachlichen Umerziehung
schreibt:
„La langue n’est pas uniquement un instrument pour acheter un kilo de
patates ou négocier un contrat. Elle est également et surtout le passage
obligé à l’épanouissement de notre vie. Elle est la vie: le démiurge de
notre liberté, que nous soyons Chinois, Turc ou Alsacien.
Changer de langue signifie changer de peau, donc changer de personnalité.
La nouvelle langue s’en charge toute seule. Elle est le meilleur pédagogue.
Ce n’est pas pour rien que l’on parle de ,langue étrangère4. Dès que l’on
tente de changer de langue, un corps à corps s’organise entre la légitime et
la maîtresse. La nouvelle langue est toujours une liaison dangereuse.
Apprise ou imposée, elle s’empare de notre corps, le triture, le malaxe, le
maltraite même. Elle se glisse, la nouvelle langue, dans les moindres
recoins du corps et de l’esprit. Elle en explore chaque parcelle, explose
dans chaque goutte de sang, plonge au plus profond du sexe, pour
remodeler notre esprit à son image, à l’image de la nouvelle famille, de la
nouvelle communauté. Il s’agit d’une longue marche bien sûr. La maladie
guette le mutant à chaque pas. Rien n’est acquis d’avance. Nombreux ceux
et celles qui sont morts en chemin, ou qui ont terminé leur vie
schizophrène, incapables de structurer leur nouvelle personnalité.
Les Besserwisser ont toujours compris, sous toutes les latitudes, le pouvoir
de la langue. Certes, il existe une méthode encore plus radicale que la
conversion linguistique pour faire disparaître un peuple: la chambre à gaz.
Mais cette méthode a été abandonnée depuis 1945 par les sociétés dites
civilisées.“61
Kaum weniger provokativ wirkt André Weckmanns sarkastisches Gedicht
„speak white“. Es entlarvt jene sogenannte „Sprachenpolitik“ als probates Mittel
der Domestizierung:
„redd wiss
nêger
wiss ésch scheen
wiss ésch nôwel
wiss ésch gschît
wiss ésch franzeesch
franzeesch ésch wiss
wiss un chic
elsasser
60 Graff: Mange, S. 35: „Le ,Malgré-Nous‘ vivra l’abandon de sa langue, donc de sa
Heimat, passivement, en laissant franciser ses enfants sans résistance. Il parlera encore
alsacien avec ses enfants, mais de telle manière qu’ils crèveront de honte et décideront
d’infuser le parisot à leurs propres enfants, même si ces derniers ne peuvent plus converser
en alsako avec leurs grand-père et grand-mère.“
61 Ebd.: S. 16 f.
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