Full text : Sprachenpolitik in Grenzregionen

interdit,  l’usage  du  catalan  était  limité  au  domaine  strictement  privé  et  à  l’oral,
d’où  une  très  forte  tendance  à  la  substitution  du  catalan  par  le  castillan  dans
tous  les  usages  de  type  formel,  une  évolution  vers  la  dialectalisation  et
l’importance  croissante  des  interférences  sous  l’influence  du  castillan.
Néanmoins,  il  ne  faudrait  pas  oublier,  pour  les  années  60,  les  modestes
tentatives  de  récupération  (les  „Edicions  62“,  la  „nova  Cançô“,  le  théâtre,  etc.),
qui  montraient  qu’en  l’absence  de  toute  structure  étatique  et  de  toute  aide
officielle,  les  Catalans  maintenaient  leur  fidélité  à  leur  langue  et  à  leur  culture
ancestrales.
Tout,  pour  la  Catalogne,  va  néanmoins  changer  à  partir  de  1975,  c’est-à-dire
avec  la  mort  attendue  du  vieux  dictateur,  Francisco  Franco.  Tout  de  suite,  en
pleine  période  dite  de  „transition  démocratique“,  un  „Congrès  de  Cultura
Catalana“  va  se  réunir  à  Barcelone,  reprenant  par  là  la  tradition  du  „Primer
Congrès  Internacional  de  la  Llengua  catalana“  de  1906.  Surtout,  le  7  août  1979,
la  Catalogne  va  retrouver  officiellement  son  autonomie  perdue  sous  forme
d’une  nouvelle  „Generalitat“  et  restaurer  solennellement  ses  symboles  ancestraux,
  à  savoir  la  „Senyera“,  c’est-à-dire  la  bannière  d’or  aux  quatre  barres  de
sang,  un  hymne,  „Els  Segadors“,  une  authentique  fête  nationale,  célébrée  le  11
septembre,  et  enfin  et  surtout,  ce  qui  malgré  les  malheurs  de  l’histoire  n’avait
jamais  cessé  de  représenter  son  unité:  une  langue.  Il  n’est  pas  inutile  de  rappeler
que  Jordi  Pujol,  Président,  depuis  1980,  de  la  „Generalitat  de  Catalunya“
reconstituée,  fut  élu  en  1986  Vice-Président  de  l’Assemblée  des  Régions
d’Europe;  puis  l’Espagne  organisa  les  Jeux  Olympiques,  qui  furent  célébrés
dans  la  capitale  catalane  en  1992.  Ainsi,  les  Catalans  auraient  bien  pu  faire  leur
le  slogan  de  la  municipalité  de  Vich:  „Les  arrels  i  el  progrès“  (=  les  racines  et  le
progrès).
1. La  politique  linguistique  des  autorités  catalanes
1.1. Le  cadre  législatif
Depuis  la  mort  de  Franco,  la  situation  a  totalement  changé  dans  la  Péninsule
ibérique:  avec  l’instauration  d’une  monarchie  parlementaire  fondée  sur  des
principes  démocratiques,  c’est  à  un  véritable  processus  de  libéralisation  et  de
démocratisation  que  l’on  a  pu  assister  en  Espagne.  Celui-ci  a  contribué  à  assurer
des  conditions  particulièrement  favorables  aux  langues  dites  „minoritaires“
(basque,  galicien  et  catalan,  sans  compter  le  „bable“  ou  l’andalou,  etc.).
De  fait,  le  problème  linguistique  est  désormais  réglé,  sur  le  plan  national,  par
l’article  3  de  la  nouvelle  Constitution:
„1.  El  castellano  es  la  lengua  española  oficial  del  Estado.  Todos  los  españoles
tienen  el  deber  de  conocerla  y  el  derecho  a  usarla.

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