Full text: Stadtentwicklung im deutsch-französisch-luxemburgischen Grenzraum

de l’architecture; le premier appartenant au Werkbund et le second au Bund für 
Heimatschutz. Influencés par Raymond Unwin, et connaissant déjà assez bien ses 
travaux écrits et ses cités-jardins réalisées, ils savent bien que ce grand architecte 
anglais avait un sens pratique et que pour lui les choix de projets devaient s’opérer 
selon des exigences concrètes et des situations particulières. De ce point de vue, pour 
Unwin le dessin régulier et le dessin irrégulier étaient tous les deux valables. 
Du projet idéal au projet réalisé 
Le 1er décembre 1909 le Conseil Municipal approuve ’le plan définitif du faubourg- 
jardin de Stockfeld et le 21 décembre le Président du District, Bezirkspràsident, en 
fait autant. Mais de quel plan définitif s’agit-il? Cette question est, dans l’historiogra¬ 
phie locale, encore entourée d’un certain flou artistique, où la Coopérative, maître 
d’ouvrage et propriétaire, est plus qu’imprécise dans les documents officiels publiés, 
il est vrai, après le rattachement de l’Alsace à la France.23 
On peut se demander si la Coopérative et la Municipalité ont déjà ce ’plan définitif 
en décembre 1909. Ce qui est plus sûr, c’est qu’ils ont pris contact, probablement dès 
la fin du concours et au cours de l’automne, avec Edouard Schimpf, architecte de la 
Ville. Schimpf a été sollicité pour faire un ’projet définitif, diriger l’exécution des 
travaux et entrer au service de la Coopérative. L’architecte strasbourgeois accepte la 
proposition, mais quelques mois plus tard il regrettera sa décision... 
Ce plan définitif est d’abord un compromis social et politique entre les principaux 
acteurs du projet de faubourg-jardin. Le concours architectural passé, la Coopérative 
et la Mairie commencent les consultations de leurs propres membres, des syndicats, 
des partis politiques composant le conseil municipal, de l’opinion publique et des 
milieux d’affaires, pour les gagner à leur cause. Nous avons vu que le conseil munici¬ 
pal a été favorable à un plan définitif économique et à une forme architecturale et 
urbanistique d’inspiration régionale et alsacienne. En ce qui concerne la Coopérative, 
elle a certes voulu reloger dans la cité future toutes les familles volontaires concer¬ 
nées par l’opération de la Grande Percée, mais en même temps elle a décidé aussi de 
défendre les principes coopératifs et les intérêts de ses membres. C’est dans ce sens 
que son assemblée générale du 21 septembre a modifié ses statuts: "Une clause fut 
23 "La société mit [...] au concours le plan général de la future cité, entre tous les architectes 
d’Alsace et de Lorraine. M. Schimpf remporta le prix et fut chargé de l’exécution des travaux. 
Il entra aussitôt au service de la société." (Historique, N. 6, p. 12). Cette erreur de la Co¬ 
opérative sur sa propre histoire a été la source de pas mal d’erreurs publiées par la suite par 
les historiens et les urbanistes sur le projet du concours d’Edouard Schimpf. Je dois corriger 
aussi le passage suivant d’une étude, par ailleurs remarquable, de l’Agence d’Urbanisme pour 
l’Agglomération Strasbourgeoise, intitulé Le projet urbain dans l’histoire de Strasbourg, 
Strasbourg 1981: "L’architecte Schimpf présente un projet dont la devise est ’Howard’. Il ne 
bénéficie que d’un achat, sa proposition étant hors programme puisqu’elle ne comporte que 
des maisons unifamiliales." (Cahiers ’Question du logement’ 1911-1912). Le ’Howard’ était 
bien dans le programme, puisqu’il a été mentionné, mais pas primé, seulement acheté. Par 
ailleurs le projet de Schimpf présente, contrairement à l’assertion du jury, plusieurs projets de 
logements groupés par quatre ainsi que quatre minibarres, qui sont visibles sur le plan. 
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