Full text: Stadtentwicklung im deutsch-französisch-luxemburgischen Grenzraum

deme à construire. D’une manière générale, le dessin régulier prend pour modèle 
certes l’Antiquité et la Renaissance, mais surtout le XVIIIe siècle (Cl. N. Ledoux et 
les autres) et s’impose dans la Großstadt du XIXe avec Haussmann à Paris et avec 
Otto Wagner à Wien. Par contre, le dessin irrégulier prend comme modèle le Moyen 
Age et la ville médiévale et reçoit un appui non négligeable, par la publication du 
livre de Camillo Sitte, architecte viennois, intitulé ’Städtebau’21 où les principes de 
ce modèle sont bien résumés. 
Ces deux modèles correspondaient par conséquent à des dessins urbains et d’habitat 
non seulement caractérisés, mais sensiblement différents, dans le premier cas par des 
rues, des places, des îlots et des plans de formes géométriques simples dominées par 
la ligne droite et des parois de maisons symétriques; dans l’autre cas, par des rues, 
des places, des îlots et des plans plus organiques, rues sinueuses et parois de maisons 
asymétriques. Sous cet angle, le sept projets retenus peuvent être divisés assez 
nettement en deux groupes: trois projets de dessins géométriques (’Drei’ et ’Legende’ 
de Bonatz; ’Howard’ de Schimpf) et quatre projets de dessin organique (’Volkswohl’, 
’Grüß-Gott’, ’Im Sonnenschein’ et ’Rot-Weiß’). 
Par ses choix prioritaires, le jury a nettement penché pour les projets à dessin organi¬ 
que, comme le montre le seul projet de plan régulier primé: le ’Drei’. Et j’ai l’impres¬ 
sion, dans cette phase de mes recherches, - mais cela n’est qu’une hypothèse person¬ 
nelle, faute de documents précis - que seul la personnalité, la compétence et le 
prestige de Hugo Dominicus ont permis cette distinction du ’Drei’. Le jury n’a-t-il pas 
remis en cause l’originalité de ce projet, à savoir l’introduction des closes?: "Les baies 
ouvertes, régulières, de la route se renouvelant un peu trop souvent, sont elles-mêmes 
pleines d’attrait; il paraît douteux cependant que le bon entretien nécessaire à une 
telle installation puisse être suffisamment correctement assuré, surtout dans une 
banlieue ouvrière."22 Et si mon hypothèse est exacte, c’est par la décision de rachat 
d’autres projets par la Coopérative (et derrière elle la Municipalité), que l’équilibre 
plus juste entre les deux approches architecturales et urbanistiques a pu être rétabli 
et que les meilleurs projets ont pu ainsi être récupérés. 
La question de la cité-jardin a décidément été au centre du débat municipal, puisque 
l’opposition entre les deux clans s’est prolongée jusqu’aux séances du Conseil Munici¬ 
pal des 8 novembre et 1er décembre 1909, quand la Ville de Strasbourg s’est pronon¬ 
cée sur les projets. En effet, pendant les discussions, le Conseil Municipal a été 
partagé entre les projets géométriques jugés par certains ’verkehrsfeindlich’ (hostiles 
à la circulation) et entre les projets organiques jugés, par les mêmes, ’verkehrsfreund¬ 
lich’ (favorables à la circulation). 
En fait, le jury passe à côté du débat de fond, puisque les deux grandes figures de ce 
concours, Karl Bonatz et Edouard Schimpf, dont les projets sont ainsi récupérés, 
appartiennent tous les deux, pour le moment et avec leurs projets, au camp des 
projets réguliers, mais sont néanmoins opposés par leur conception de 1’urbanisme et 
21 Camillo Sitte, Städtebau nach seinen künstlerischen Grundsätzen, Wien 1889. 
22 Ibid., p. 38. 
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