Full text: Stadtentwicklung im deutsch-französisch-luxemburgischen Grenzraum

trouvaient des vignes réputées. Le ban communal s’étendait sur 1362 hectares, soit 85 
fois plus que la surface de la forteresse! Comme les autres villes de la Moselle, 
Thionville était une cité de soldats, de propriétaires et de vignerons. Néanmoins, par 
rapport à Metz et à Trêves, vieilles villes romaines et épiscopales, son statut urbain 
était très inférieur. 
L’annexion à l’Empire allemand en 1871 apporta des changements imprévus et 
considérables dont la portée se fit sentir surtout à moyen terme. Soldats et fonction¬ 
naires français cédèrent la place à des Prussiens. Une partie des habitants émigra, 
principalement ceux qui étaient de langue et de culture françaises et qui n’acceptaient 
pas la présence allemande. Malgré ces départs, la population civile progressa: 7207 
habitants en 1871, 8111 en 1885, 9167 en 1895. Les nouveaux habitants étaient des 
Lorrains de la campagne, des Alsaciens, des Luxembourgeois, des Allemands de la 
province rhénane. Beaucoup appartenaient aux classes populaires. Une partie d’entre 
eux s’installa à l’extérieur des murs, au faubourg de Beauregard. Mesurons l’ampleur 
des mouvements en examinant les résultats du recensement de 1895: sur 9167 habi¬ 
tants, 4354 étaient nés en Alsace-Lorraine, 4301 dans un autre état allemand, 521 
dans un pays étranger (Luxembourg et France), 2273, soit moins du quart étaient nés 
à Thionville. Cette population nouvelle était de langue et de culture germaniques avec 
une forte minorité de religion protestante. 
Contrairement à ce qui se passa à Strasbourg, Metz, Sarreguemines, Sarrebourg, 
l’administration allemande ne prit pas directement en main le pouvoir municipal. 
Jusqu’en 1904, les maires restèrent des Thionvillois de souche, des "indigènes" comme 
on disait alors. Sous leur paisible magistrature, la vieille ville conserva le même visage. 
Les maisons détruites ou brûlées lors du siège avaient été reconstruites et la garnison 
prussienne s’était installée dans les casernes abandonnées par les Français. La for¬ 
teresse, à peine modifiée dans sa structure, assurait une protection qui, probablement, 
aurait été peu efficace en cas de guerre, vis-à-vis d’une frontière française distante 
d’une vingtaine de kilomètres tout au plus. 
A l’intérieur de la vieille ville, la construction d’un réseau d’adduction d’eau potable 
fut réalisée sans que les finances de la ville en souffrirent, par le maire Pierre Mar¬ 
chai (1886). A cet égard, Thionville avait enfin comblé un retard de vingt ans par 
rapport à Metz. Au-delà de l’enceinte, une décision de l’administration allemande se 
révéla capitale pour l’avenir: la gare fut déplacée en 1878 sur la rive droite de la 
Moselle à l’emplacement d’un ouvrage fortifié détruit. Au fil des années, la gare de 
Thionville prit de l’importance avec l’ouverture des lignes de la Moselle et de la Sarre 
et avec l’accroissement du trafic des produits pondéreux (charbon, coke, minette) 
utilisés par la métallurgie. A la fin des années 1880, Thionville devint une plaque 
tournante de l’industrie du fer. Dans ce contexte, le faubourg de Beauregard où 
s’installaient les cheminots, prit une rapide extension. 
L’opération d’urbanisme dont Thionville va être bénéficiaire s’inscrit dans un contexte 
économique, militaire, culturel dont il faut dégager les composantes. 
Le premier facteur entraînant fut incontestablement l’essor de l’industrie minière et 
sidérurgique qui bénéficia, à partir de 1890, d’une croissance soutenue. Les firmes de 
la Sarre et de la Rhénanie-Westphalie investirent en Lorraine où elles foncèrent des 
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