Full text: Die alte Diözese Metz

Ce problème concernait les paroisses monolingues, mais qu’en était-il dans les parois¬ 
ses bilingues? Dans ces dernières comment se faisaient le prêche et l’instruction? La 
lecture des ordonnances au prône se faisait dans quelle langue? Pour ces paroisses 
nous retrouvons la même insouciance de la part de l’évêché messin. Dans celles-ci 
paroissiens et curé trouvaient leur propre solution. A Sarrebourg, le curé prêchait 
tous les quinze jours en allemand, et un capucin l’autre quinzaine en français2*. 
Ces mêmes capucins bravaient les interdictions épiscopales ayant recours en 1714 à 
un aumônier du régiment royal allemand pour les messes de fondation, les prêches 
et instructions10. Quant au catéchisme, les enfants étaient instruits en allemand par 
le curé et en français par le maître d’école11. Mais toutes les paroisses bilingues 
n’avaient pas la chance d’avoir en leur sein des communautés religieuses conciliantes. 
Claude Rouvroy de Saint Simon voulut sans doute remédier à cet état des choses en 
prescrivant le 12 avril 1749 : «dans les paroisses ou l'usage des deux langues est néces¬ 
saire, messieurs les curés et vicaires auront grand soin d’instruire soit dans leur prône 
soit dans leur catéchisme dans l’une et l’autre langue, au moins de trois fois l’une 
dans la langue la moins dominante». Cette ordonnance s'adressait dans un premier 
temps aux curés qui possédaient les deux langues, et si elle remédiait à un problème, 
elle en créait un autre : une telle mesure n’incitait pas à la fréquentation assidue des 
offices, surtout pour la communauté minoritaire. 
Avant d’aborder la restauration religieuse et ses différentes manifestations, il serait 
bon de défenir l’encadrement religieux. 
L’encadrement religieux 
A la fin du 18emc siècle, l’archiprêtré de Sarrebourg comptait quarante-trois cures, 
dont vingt-quatre avaient pour patron un laïc, sept un séculier et dix une commu¬ 
nauté régulière12. 
Sur les vingt-quatre cures laïques, neuf étaient aux mains du Roi de France depuis 
l’annexion des terres ducales au royaume de France en 1766, et cing étaient de la 
nomination de la famille de Lutzelbourg. Sur les sept cures de patronage séculier, 
cinq cures étaient pourvues par l’évêque, dont trois parce que leur seigneur, le comte 
de Linange-Dabo, était de religion protestante. En 1782 le pouvoir épiscopal perdit 
cet attribut lorsqu’on reconnut à un prince protestant le droit de nommer à sa cure 
par le biais d’un procureur catholique. 
En ce qui concerne les cures de patronage régulier, deux étaient de la nomination de 
l’abbé de Haute Seille, trois de l’abbé de Domèvre, trois de l’abbé de Moyenmoutier 
et une de l’abbé de Marmoutier. Une cure observait un patronage bien particulier 
parce qu’il était exercé à l’alternatif par un laïc et une communauté religieuse. 
2I) AD Moselle 19 J 726. Mémoire pour Msgr. à la suite de la visite des archiprêtrés de Sarre¬ 
bourg et de Vergaville 1714. 
30 AD Moselle 29 J 13, Sarrebourg 1714. 
31 Idem1. 
32 Dorvaux (voir Note 4). 
263
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.