râlement à moins de 5 reprises27. La majorité des 43 chargements d’écorces sont
déclarés par des individus de Cattenom, Sentzich, Hettange et Thionville. Cette
matière première pour la tannerie pourrait provenir des forêts de la côte de Moselle.
Les bois vosgiens confirment et accroissent leur présence sur le fleuve. En un peu
plus de 9 ans, quelque 300000 planches font l’objet de 165 taxations. On en dénombre
plus de 40000 en 1530, 1537, 1545 et 1549 (maximum de 48 600 à la dernière
date)28. À trois reprises, ces flottes contribuent pour plus de 20 % à la
recette totale (maximum de 28,7 % en 1530). Les trois quarts des trains comptent
plus de 1 000 planches, dont 18 plus de 3 000. L’un d’eux atteint même 8 000 planches
(tableau XXXIII). La plupart des bois - 60 à 85 % selon les années - passent
entre février-mars et juin-juillet. Pour la qualité du matériau et sa bonne flottabilité,
l’abattage doit se faire en l’absence de sève29. Les taxations automnales sont moins
nombreuses. Les périodes de prise des eaux par les glaces, tout au moins près des
lieux de jetage (janvier et décembre30) et, à plusieurs reprises, celles des basses
eaux (juillet, août et septembre) ne voient aucune flotte31 (graphique XIV). La
prééminence des Vosgiens dans ces transports est indéniable. Des habitants de
Baccarat acquittent des droits pour 168 450 planches. On atteint un total de 222 650
si l’on y ajoute les impositions payées par les Raonnais32. Deux autres localités
seulement situées en amont de Sierck déclarent cet article: Metz (12 900 planches)
et Thionville (2 800). Sept par contre, en aval du péage, fournissent des flotteurs
relayant les Vosgiens, parmi elles Trêves, Coblence et, sur le Rhin, Andemach
avec chacune plus de 10 000 planches33 (carte XI).
Pour quelques articles, les Messins l’emportent sur les Trévirois. Ainsi inscriventils
à leur actif 31 des 77 chargements d’ardoises remontant le cours, contre 27 à
27 À noter l’absence de toute taxation de sel. Aux confins du bailliage d’Allemagne, la concurrence
semble vive entre le sel lorrain et celui de Flandre. En 1544, des bourgeois de Sierck se voient
confisquer 8 bichets de sel de Flandre achetés à Schengen et ramenés à Sierck (ADMM, B 9378, f°
47ï). - Trois chargements de sel acquittent le contre-impôt luxembourgeois à Thionville entre 1561
et 1571 (Yante, Réactions, p. 207).
28 70 flottes totalisant 120000 planches de sapin sont taxées à Thionville entre mai 1561 et septembre
1571. Des habitants de Baccarat, Remiremont, Sierck et Rettel interviennent respectivement 28, 14,
9 et 5 fois. Au cours de plusieurs exercices, cet article contribue à lui seul pour 80, voire 90 % du
revenu du contre-impôt luxembourgeois (Ib., p. 206 et 208).
29 Marquet, Flottage, p. 171-172.
30 Si ce n’est en décembre 1537,
31 Sur la Meuse moyenne, les trains de bois ne passent presque jamais en hiver, particulièrement en
janvier, mais descendent surtout au printemps et au début de l’été et constituent un obstacle à une
époque de circulation maximale sur le fleuve (Fanchamps, Commerce, p. 292; SUTTOR, Navigation,
p. 121).
32 Cf. supra, p. 73.
33 Les comptes du receveur de Luxembourg mentionnent plusieurs achats de planches de sapin destinées
à l’entretien d’édifices domaniaux et acquises à Metz (AGR, CC, reg. 6324 (1520-21), f° 51v, et
6329 (1550-51), f° 58r), à Cattenom (reg. 6325 (1528-29), f° 50>v), à Remich (reg. 6322 (1519-20),
f° 35r, et 6329 (1550-51), f° 52r) ou, sans davantage de précisions, sur la Mezelle (reg. 6326 ( 1534-35),
f° 48r).
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