vallée de la Meurthe (Nancy5, Saint-Nicolas-de-Port6, Baccarat et Raon), dans
celle de la Moselle en amont de Metz (Pont-à-Mousson, Épinal7) et surtout en aval
de Trêves (Reinsport, Bemkastel, Enkirch et bien sûr Coblence), présence enfin de
quelques Rhénans, dont des Colonais. Trois faits nouveaux méritent de retenir
l’attention: les Sierckois, jusqu’alors virtuellement absents des comptes du péage
local, participent désormais assez activement au trafic; le village tout proche de
Rettel fournit quelques transporteurs; quant aux habitants de Langemberg,
spécialisés dans le passage des chevaux, ils occupent une honorable cinquième
place.
Constante encore quant à la fréquence des passages: la majorité des individus - en
moyenne quelque 60 % - n’acquittent le droit qu’à une seule reprise; 70 à 85 %,
au maximum 2 fois (tableau XXXIV), En 9 années civiles complètes, 17 noms seulement
apparaissent au moins 10 fois en l’espace de 12 mois. Quelques uns de ces
"professionnels" - transporteurs et/ou marchands - atteignent ou franchissent à plusieurs
reprises la barre des 10 impositions. C’est le cas de Nicolas de Metz (1520
et 1535), de ses concitoyens ZirfaB (1520, 1524 et 1525) et Anthoine (1530 et
1535), ainsi que du Trévirois Thomas Peter (1530, 1535, 1537, 1547 et 1549). La
plupart de ces "habitués” répartissent leur activité sur toute l’année (tableau X),
mais il arrive qu’ils réalisent plusieurs passages en un court laps de temps (5 impositions
acquittées par Claus de Trêves - ou à son nom - en août 1525, 4 par le
Baure de Metz en mars 1537 et 4 par Lansser Peter de Trêves en février 1549).
D’aucuns boudent aussi plus ou moins longuement le péage sierckois: en 1525,
Claus de Trêves attend le 29 juin pour effectuer le premier de ses 11 passages;
quant à Anthoine de Metz, taxé à 10 reprises en 1530, il n’est pas mentionné entre
le 25 mars et le 20 octobre de cette année.
Avec quelque 5 400 porcs, environ 1 900 ovins et caprins, 1 120 chevaux et 284 bovins,
en 111 mois, le commerce des bestiaux n’est pas négligeable mais a incontestablement
perdu, dans la première moitié du XVIe siècle, de son ancienne vitalité8.
En ce qui concerne les porcs, seul l’exercice 1537 accuse quelque relief (1 880
têtes). À plusieurs reprises, on reste bien en dessous du demi-millier. La moitié des
troupeaux ne dépassent pas les 25 têtes. Les 6 plus importants en comptent entre
109 et 160 (tableau XXXII). Les Trévirois conservent la première place dans ce trafic
(64 passages et 2 677 porcs), devançant nettement les Messins (22 taxations et
5 FraY a récemment noté que, dans les années 1450-80, "l’activité artisanale et marchande nancéienne
sort peu à peu de la médiocrité qui était sienne au XIVe siècle" (Nancy-le-Duc, p. 281). Au milieu
du XVI' siècle, des Nancéiens participent à des échanges à grande distance tandis que se précise la
vocation commerciale de la ville (COORNAERT, Commerce, p. 264).
6 Le XVIe siècle voit à la fois l’apogée et le déclin, par à-coups, de l’économie portoise (Kammerer-Schweyer,
Lorraine, p. 20).
7 Rattachée à la Lorraine en 1466, la ville d’Épinal atteint son apogée au milieu du XVIe siècle et est
alors en relations d’affaires avec plusieurs places marchandes étrangères. Cf. Dumont, Trafic.
11 Importance du commerce des bestiaux à plusieurs foires régionales au XVIe siècle, notamment à
Cattenom: YANTE, Activité, p. 113,
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