an, une dizaine de passages (maximum de 21 en 1474-75). Le commerce céréalier
- 59 taxations dont 51 en 1494 (2 820 mld. pour cette seule année) - contribue pour
une part importante à ce subit essor. 32 chargements de vin (maximum de 139 tonneaux
en 1494), 11 de cabus, 6 passages de porcs, 5 de sel et de tonneaux, 4
d’ardoises et de foin, 3 de pois, d’écorces et de pierres représentent par ailleurs
l’essentiel du trafic thionvillois dans le dernier quart du XVe siècle. Cette ville,
deuxième en importance du Luxembourg, manifeste alors d’incontestables signes
d’aisance. Elle compte plusieurs métiers organisés: bouchers, drapiers, tanneurs/
cordonniers et, tout au moins au début du XVIe siècle, merciers et porteurs de sacs
desservant le port. La foire de la Sainte-Croix est bien approvisionnée et, semble-til,
assez largement fréquentée. Thionville se dote, notamment après l’incendie qui
la ravage partiellement en 1493, d’édifices tant civils que religieux en un élégant
gothique flamboyant49. Un bourgeois de la place, Schutges This, intervient à 11
reprises dans le trafic fluvial au cours de la seule année 1494 (tableau VIII),
acquittant notamment des droits pour 222 mld. de grain. Le nom réapparaît - mais
s’agit-il bien du même individu ? - en 1520, 1524 et 1525 pour un total de 15 impositions.
Un autre Thionvillois, Robin, est taxé 10 fois en 1494.
Les Trévirois profitent eux aussi de la haute conjoncture de fin de siècle (52 taxations
en 1494) mais, avec 16,3 % des passages et 12,9 % de la recette, sont relégués
derrière les Thionvillois et les Messins. Les impératifs de l’approvisionnement
urbain, probablement aussi des possibilités de commercialisation en aval de la cité
archiépiscopale, notamment vers les pays rhénans, dictent la gamme des articles et,
pour autant qu’on en puisse juger, le sens du trafic50. Trois fois sur dix, ces transporteurs
déclarent des porcs: 3 646 au cours des 6 exercices, dont 1 310 en 1481
et 1 362 en 1486. Participeraient également à ce mouvement avalant 41 bovins, 612
ovins et caprins (?), un millier de maldres de grain (pour l’essentiel en 1494), 10
bateaux de cabus, 3 chargements de pois, 3 autres de foin. La destination des vins
(11 impositions) prête davantage à discussion: achat de crus messins, voire sur ce
marché de produits alsaciens ou bourguignons, ou commercialisation de vins de la
basse Moselle ou du Rhin. La prudence s’avère pareillement de mise concernant les
fromages et le beurre (5 taxations). Quoi qu’il en soit, les passages vers l’aval l’emporteraient
très nettement sur ceux vers l’amont. Certaines embarcations monteraient
à vide en direction de Thionville et de Metz. À cette époque, aucun marchand
ou batelier trévirois n’est pointé 10 fois au cours d’un même exercice au
péage lorrain.
Alors que des Sierckois n’interviennent en tout et pour tout qu’à deux reprises, la
bourgade de Cattenom s’avère plus active. Ce dynamisme doit cependant être
nuancé car les trois quarts des passages (31 sur 41) sont le fait d’un seul individu,
49 Yante, Commerce, p. 15 et 17. Voir aussi notre contribution à l’Histoire de Thionville, p. 71-81.
50 Sur les relations commerciales de Trêves avec les villes situées en amont, voir Matheus, Trier, p.
43-46 (achats de céréales et de légumineuses à Thionville; de bétail, de planches et de pierres de
moulin à Metz; de céréales et de bétail à Sierck).
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