Full text : Le péage lorrain de Sierck-sur-Moselle

Les  productions  agricoles  maintiennent,  dans  le  dernier  quart  du  XVe  siècle,  la
prédominance  affirmée  dans  les  années  1424-28.  Près  de  350  taxations  portent  sur
des  bestiaux,  dont  207  sur  des  porcs.  Si  ce  n’est  en  1474-75  et  1483,  années  de
basse  conjoncture  commerciale,  le  nombre  de  porcs  demeure  important:  5  058  en
1481,  4  169  en  1484,  8  310  en  1486  et  3  155  en  1494.  Cet  article  alimente  alors  la
caisse  des  préposés  à  concurrence  de  36,8  %,  23  %,  44,4  %,  mais  seulement  4,7
%  à  la  dernière  date.
L’essentiel  du  trafic  (environ  60  à  70  %)  se  concentre  en  janvier  et  février  (graphique
  XIII).  Les  mois  de  décembre  1484  et  1486  réalisent  également  d’honorables
scores.  Il  y  a  concordance  avec  la  période  d’abattage  des  porcs.  Le  nombre
important  de  têtes  de  juin  à  août  1494  (1152,  soit  36,5  %  du  total  annuel)  pourrait
correspondre  à  des  passages  de  jeunes  bêtes  destinées  à  l’engraissement.
Si  70  %  des  troupeaux  -  soit  145  -  ne  dépassent  pas  les  100  têtes  et  même  44  %  les
50,  un  sur  cinq  regroupe  toutefois  entre  101  et  200  animaux,  16  entre  201  et  500
et  3  davantage  encore  (tableau  XXXII).  En  janvier  1481,  Sluche  de  Trêves  déclare
650  bêtes.  Cinq  ans  plus  tard,  en  janvier  également,  Lauppach  et  Peter  Waille,  dont
on  ignore  hélas  le  lieu  de  résidence,  acquittent  conjointement  le  droit  pour  750
porcs  et  Herman  Menta,  au  domicile  pareillement  inconnu,  pour  92S7.  Force  donc
est  de  constater,  ici  encore,  des  profils  fort  différents  parmi  les  imposés.  De  grands
marchands  ou  leurs  préposés  voisinent  avec  des  individus  à  la  sphère  d’action  nettement
  plus  limitée,  voire  avec  de  simples  éleveurs  ou  porchers.
Avec  respectivement  6  317  et  3  431  têtes,  Metz8  et  Trêves  dominent  incontestablement
  ce  commerce  (carte  V).  Elles  laissent  loin  derrière  elles  Fraines,  Cattenom,
Brecklange,  Merzig,  Bouzonville,  Saarburg  et  Coblence  qui  passent,  au  cours  de
ces  6  exercices,  entre  500  et  800  porcs9.  Une  quinzaine  de  localités  de  Taxe
mosellan,  entre  Metz  et  Coblence,  ou  de  ses  abords  plus  ou  moins  immédiats,  quelques
  autres  de  la  vallée  rhénane  (Boppard,  Andemach  et  Cologne),  des  régions  à
l’ouest  de  Metz  (Briey,  Étain,  Hattonchâtel  et  Commercy)  et  aussi  Saint-Nicoias-de-Port,
  Morhange  au-dessus  du  Saulnois  et  Birkenfeld  dans  le  Hunsrück  sont  parties
prenantes  dans  ce  trafic.
Les  passages  de  chevaux  sont  déterminés  tout  à  la  fois  par  les  aléas  de  l’élevage,
les  besoins  en  destriers,  eux-mêmes  liés  à  la  conjoncture  militaire,  et  ceux  en  bêtes
de  trait10,  les  licences  d’exportation  et  la  plus  ou  moins  grande  sécurité  du  couloir
fluvial.  On  en  recense  84,  pour  un  total  de  679  têtes,  dans  les  6  registres  conservés.

7  1481,  12;  1486,  8  et  34.
8  En  1482,  année  de  grande  cherté,  Metz  achète  4000  porcs  en  France  pour  les  revendre  dans  la  ville
et  aux  environs  (Chronique  de  Philippe  de  Vigneulles,  t.  III,  p.  97).
9  Fraines,  à  l’identification  incertaine  (cf.  index),  n’a  pu  être  reportée  sur  la  carte.
10  À  propos  de  la  remonte  des  troupes  des  ducs  de  Bourgogne  au  XIV'  siècle:  SCHNF.RB,  Cheval.  -  En
maints  endroits,  au  bas  moyen  âge,  l’attelage  de  chevaux  se  substitue  dans  l’agriculture  à  celui  de
bovins.  Voir  notamment  A.-M.  (et  R.-H.)  Bautier,  Contribution.

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