Un caractère saisonnier du trafic ne se dégage pas davantage qu’un demi-siècle plus
tôt (graphique X). Quelques creux, vraisemblablement liés au bas niveau des eaux,
s’observent en saison estivale4, mais il ne s’agit que d’un phénomène apparemment
occasionnel. Au cours de 5 années civiles complètes, 3 mois seulement réalisent
plus de 15 % du trafic annuel: février 1483 (16,4 %), décembre suivant (24,5 %)
et janvier 1486 (17,9 %).
L’examen du recrutement géographique des imposés révèle que 43 localités ne sont
mentionnées qu’à une seule reprise, que 18 le sont 2 fois et 70, au maximum 5 fois.
8 centres seulement atteignent ou dépassent le seuil des 10 taxations: Raon (10),
Uckange (11), Hontheim (12), Coblence (27), Cattenom (41) et, émergeant très nettement
du lot, Trêves (135), Thionville(152) et Metz (380). En termes de passages,
les trois derniers s’adjugent ensemble 61,6 % du trafic.
Une vingtaine de localités se situent le long de la Moselle entre Thionville et Trêves
(carte IV). Parmi elles, Cattenom confirme le dynamisme déjà attesté dans les années
1424 à 1428. La zone à l’est et au sud-est de Thionville, jusqu’à Boulay, est
représentée par une dizaine de villages. À côté de ces "régionaux" apparaissent des
transporteurs de la basse Moselle et du Rhin moyen (27 taxations à l’actif d’habitants
de Coblence et 4 à celui de Colonais), quelques uns de l’Ardenne-Eifel, du
Hunsrück et des basses Vosges. À l’ouest de Metz s’inscrivent les noms d’Étain (5
impositions), Briey, Hattonchâtel et, sur la Meuse, Commercy. Du sud viennent
quelques individus de Pont-à-Mousson5, Saint-Nicolas-de-Port6, Baccarat, Raonl’Étape,
Remiremont et Kaysersberg (Alsace).
L’examen de la fréquence des passages (tableau XXXIV) révèle, à cette époque
encore, une grande majorité d’individus n’effectuant qu’un ou deux passages au
cours d’un exercice. C’est le cas respectivement de 73,6 % et 12,1 % d’entre eux
en 1481 et encore de 57,7 % et 17,1 % en 1494. Généralement moins de 10 % des
imposés acquittent le droit plus de 5 fois. Rares sont les noms apparaissant à 10
reprises ou davantage en l’espace de 12 mois. L’activité de ces "professionnels" se
répartit assez régulièrement tout au long de l’année (tableau VIII), ce qui n’exclut
pas certaines concentrations (12 impositions de Gelman de Metz entre le 6 février
et le 4 mai 1484) et de plus ou moins longues périodes sans passage (aucune taxation
de Nicolas d’Uckange entre le 10 juin et le 4 décembre 1494, et de Schutges
This de Thionville entre le 2 juin et le 26 octobre de la même année).
4 1,8% des passages annuels en mai 1483, 0,9 % en juillet de la même année, 3,2 % en août 1486.
5 Importance des marchés et foires mussipontains au XV' siècle: Schneider, Recherches, p. 12.
KAMMERER-SCHWEYER attribue à la politique flottante de René II de Lorraine vis-à-vis de la Bourgogne
une moins grande prospérité des affaires portoises à cette époque (Lorraine, p. 17).
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