relèvera encore que Peter de Wiltz déclare, en février 1428, 300 porcs appartenant
à un "wallon" de Nomeny, à l’est de Pont-à-Mousson13. Des travaux récents montrent
que, aux XVe et XVIe siècles, l’élevage lorrain alimente d’importantes exportations
porcines notamment vers Strasbourg14, Colmar15, Cologne16, Francfort,
Heidelberg et Ulm17. Les longues distances parcourues entraînent inévitablement
des pertes de poids voire des décès18, mais, selon toute vraisemblance, les porcs
itinérants sont alors bien différents de ceux d’aujourd’hui19.
Chevaux, bovins, ovins et caprins occupent peu de place à côté des porcs. Les premiers
sont l’objet de 28 taxations pour un total ne devant guère dépasser les 100
têtes20. De l’ordre de 2 à 3 %, leur part s’avère minime dans la recette des différents
exercices. Des Messins interviennent à 7 reprises. Leur ville s’est fait de longue
date une spécialité du commerce des chevaux21. D’après Jean Schneider, cet
élevage se pratiquait également dans le Pays messin. Au XIVe siècle, ses produits
étaient vendus aux foires de Champagne et jusqu’en Italie. Souverains lorrains, barrois
et luxembourgeois achetaient alors des chevaux à Metz. Des marchands de la
place en exportaient à Trêves22. Pour le même article, cette dernière ville apparaît
trois fois dans les registres des préposés. Tant pour les bovins (3 taxations) que
pour les ovins et caprins (5), le nombre de têtes n’est généralement pas précisé et
le rapport du droit est insignifiant.
Dépendant de l’état escompté ou réel des récoltes, tant dans les régions productrices
que consommatrices, le trafic des céréales est forcément très fluctuant. Aucun passage
n’est consigné en 1424-25. Au cours des trois exercices suivants, les chargements
ne sont pas nombreux - entre 7 et 9 - mais contribuent pour une part non
négligeable à la recette totale (19,1 % en 1425-26, 16,7 % en 1426-27, 42,8 % en
1427-28). Les quantités ne sont jamais mentionnées et, faute de connaître le tarif
de l’imposition à cette époque, elles ne peuvent être calculées. Les Trévirois qui
interviennent à 11 reprises sur un total de 24 taxations, cherchent incontestablement
à assurer les besoins annonaires de leur ville. Cattenom (4 impositions), Sierck (3)
et Thionville (2) participent également à ce trafic vers l’aval. À noter encore le pas¬13
1427-28, 82.
14 Kämmerer, Carrefour, p. 88, note 23; Histoire de Strasbourg, t. II, p. 301.
15 Mention à Colmar, dès 1393, de porcs welches, c’est-à-dire d’au-delà des Vosges (SlTTLER, Élevage,
p. 53).
16 Au cours de l’hiver 1453-54, des porcs pour une valeur de 900 fl. - assurément plusieurs centaines
de têtes - sont conduits à Cologne par un serviteur du comte Hanmann de Leiningen, seigneur de
Forbach (IRSIGLER, Zum Kölner Viehhandel, p. 226).
17 BURG, Droit, p. 133-134.
'* Tellier, Notes, p. 156-157.
19 Voir la description des porcs ardennais de jadis donnée par HOYOIS, Ardenne, t. I, p. 297.
20 Comptabilisation de 96 chevaux et de 3 passages d’un nombre non indiqué.
21 Une chronique locale du XIV' siècle évoque les destriers liars (gris), blans et noirs et d’autres
colours importés dans la cité (Metzer Chronik, p. 88-89). Des marchands messins revendent à la
foire du Lendit, à Saint-Denis, des bêtes achetées es pais d'Allemaigne (Histoire de la Lorraine, p.
268 et 272).
22 Schneider, Ville, p. 173, 185 et 215.
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