Full text : Le péage lorrain de Sierck-sur-Moselle

plusieurs  fois  confier  la  remise  en  état  ou  le  remplacement  du  bac  de  Remich62.
Les  receveurs  princiers  comptabilisent  les  loyers  d’une  vingtaine  d’étaux  de  boulangers,
  merciers,  drapiers,  cordonniers,  mégissiers  et  même  orfèvres.  Leur  nombre
atteint  la  trentaine  autour  de  1550^3.  Le  marché  local  est  notamment  fréquenté  par
des  habitants  de  Remich.  Cette  situation,  préjudiciable  au  souverain  et  aux  bourgeois
  eux-mêmes,  est  déplorée  par  Charles  Quint  dans  les  diplômes  de  1531  et  1537
créant  semblable  infrastructure  dans  la  place  luxembourgeoise64.  La  foire  sierckoise,
  mentionnée  en  1544,  ne  semble  pas  connaître  alors  un  large  rayonnement65.
Dans  ce  centre  d’un  petit  millier  d’âmes  -  192  conduits  en  153966  -,  quelques  individus
  manifestent  un  incontestable  dynamisme  et  une  relative  aisance.  On  se  contentera
  d’évoquer  d’importants  achats  de  grains  et  de  vins  domaniaux  -  parfois  plusieurs
  centaines  de  maldres  de  céréales  et  plusieurs  dizaines  de  muids  de  vin67-,
une  participation  limitée  mais  non  négligeable  au  trafic  fluvial  -  une  cinquantaine
de  taxations  au  péage  local  entre  1520  et  1549  (onze  exercices  conservés  dont  deux
à  l’état  fragmentaire)68  -,  enfin  les  transports  en  provenance  de  la  place  internationale
  d’Anvers  effectués  par  un  voiturier  du  Limbourg  pour  le  compte  d’un  marchand
  de  Sierck69.  Sans  trop  dépasser  le  terminus  ad  quem  assigné  à  la  présente
étude,  on  signalera  encore  que  des  Sierckois  figurent  à  vingt  reprises,  entre  1561
et  1571,  parmi  les  marchands  et  transporteurs  acquittant  au  bureau  luxembourgeois
de  Thionville  le  contre-impôt  instauré  sur  les  articles  en  provenance  ou  à  destination
des  duchés  de  Lorraine  et  de  Bar,  du  comté  de  Vaudémont  et  du  marquisat  de  Pontà-Mousson,
  en  réaction  à  Ventrée  et  issue  foraine  lorraine  ou  Fredault70.  Enfin,
il  n’est  pas  exclu  que  le  coche  d’eau  assurant,  à  la  fin  du  XVIe  siècle,  la  liaison
régulière  entre  Sierck  et  Trêves  circulait  déjà  quelques  décennies  plus  tôt71.

62  AGR,  CC,  reg.  6323  (1518-19),  f°  3T,  (1521-22),  f°  49v,  et  (1524-25),  f°  47»;  reg.  6325  (1529-30),
f°  48v.  -  Fourniture,  en  1538,  d’un  nouveau  bac  pour  le  passage  de  la  Nied  près  de  Siersburg
(ADMM,  B  9367,  f°  109^.
63  ADMM,  B  9363,  f°  36r;  9365,  f°  35r;  etc.  -  On  ne  dénombrait  que  14  étaux  en  1479  (B  9357,  f°
25r).
M  Yante,  Fonction,  p.  404,  407  et  409.  -  En  1538,  un  habitant  de  Wintrange  est  condamné  à  une
amende  pour  outrages  à  l’épouse  du  maire  de  Sierck  sur  ung  samedi  que  le  marchie  se  tient  audit
lieu  (ADMM,  B  9361,  f°  420-65
  Amende  infligée  en  1544  à  Schiffhanns  de  Haute-Kontz  pour  s’être  battu  et  avoir  proféré  des  outrages
le  jour  de  la  foire  de  Sierck  (ADMM,  B  9378,  f°  480-  -  Voir  infra,  note  71.
66  ADMM,  B  9368,  f°  144*.  Dans  la  décennie  1540,  le  nombre  de  feux  taxables  chute  suite  aux
opérations  militaires  françaises  dans  la  région:  152  conduits  en  1542  (B  9374,  compte  du  nouvel
acquest,  f°  2V),  147  conduits  en  1549  (B  9381,  f°  76v).
67  Ainsi  en  1535  (ADMM,  B  9363,  f°  52v  et  540,  1543  (B  9375,  f°  52r  et  530,  1546  (B  9379,  f°  630,
1547  (B  9380,  f°  62'  et  630  et  1549  (B  9381,  f°  62'  et  630-**
  Cf.  infra,  p.  164,  tableau  XXXIX.
69  COORNAERT,  Commerce,  p.  123.
711  Taxation  notamment  de  planches,  céréales,  pierres  de  taille,  pois  et  verre:  STILLER,  Un  siècle,  p.  80-88;
  STILLER  et  ANCEL,  Thionville,  p.  49-54;  YANTE,  Réactions,  p.  206-209.
71  RUDOLPH  et  KENTENICH,  Quellen,  p.  86*-87‘;  LAUFNER,  Handelsbereich,  p.  199.  -  En  septembre
1581,  au  retour  de  la  foire  de  Sierck,  la  nef  marchande  est  arrêtée  treize  semaines  à  Grevenmacher.
Des  membres  du  métier  trévirois  des  drapiers  ainsi  que  des  cordonniers  et  un  serrurier  de  cette  ville
demandent  alors  à  être  indemnisés  (THIROT,  Marktschiff,  p.  243-245;  LAUFNER,  2  000  Jahre,  p.  31).

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