C’est à la fin du XVe siècle seulement, à la faveur de l’essor économique, que les
Thionvillois interviennent pour une part importante dans les échanges régionaux.
Ils se hissent au premier rang en 1494 et se livrent alors à un commerce céréalier
à grande échelle. Encore appréciable en 1520, leur activité pâtit ensuite des opérations
militaires entre l’Empire et la France.
Sierck ne participe réellement au trafic que dans les années 1520 à 1549. A la
même époque, le village tout proche de Rettel se signale par le dynamisme de quelques
individus. Cattenom fournit plusieurs transporteurs au XVe siècle et joue
encore un certain rôle après 1500.
Dans le dernier quart du XVe siècle et la première moitié du XVIe, la vallée de la
basse Moselle fournit un bon contingent d’imposés. Des régions rhénanes viennent
quelques marchands ou transporteurs de Cologne, Andemach, Boppard, Sankt Goar
et surtout Coblence. Sur les cartes d’origine des imposés apparaissent, à l’un ou
l’autre moment, des villages d’entre Moselle et Sarre, à l’est de Thionville, des
confins de l’Eifel et du Hunsrück, des basses Vosges, des vallées de la Sarre, de
la Moselle en amont de Metz (Pont-à-Mousson, Épinal, Remiremont) et de la Meurthe
(Nancy, Saint-Nicolas-de-Port, Baccarat, Raon).
Exception faite de quelques points extrêmes, tels Neuss, Solingen, Augsbourg ou
encore Kaysersberg, Strasbourg et Obernai, le trafic taxé à Sierck s’inscrit tout
naturellement dans l’axe des régions drainées par la Moselle et ses affluents.
Au cours de chacune des périodes délimitées par l’état présent de la documentation,
la grande majorité des imposés n’interviennent qu’à une ou deux reprises en l’espace
de douze mois; quelque 90 à 95 % d’entre eux, au maximum cinq fois. À côté
de ces transporteurs à l’activité relativement occasionnelle, les Messins Gerhart
Mengse, Gelman, Mertin, Flach ou Zirfaft, les Trévirois Lusschart, Thomas Pether
ou More ainsi que les Petit Jehan de Thionville font figure de professionnels. Ils
apparaissent au cours de plusieurs exercices, totalisent 40, 50, voire 80 passages et,
à une ou plusieurs reprises, en effectuent une dizaine endéans l’année. La plupart
ne se spécialisent pas dans un éventail restreint d’articles mais opèrent au gré des
possibilités et opportunités du moment. Dans l’état actuel des recherches, derrière
les noms et les chargements déclarés, les figures se dérobent trop souvent.
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