Full text : Le péage lorrain de Sierck-sur-Moselle

1520  et  1525)  peut  être  identifié  avec  l’homonyme  imposé  à  11  reprises  en  1494.
Mention  doit  encore  être  faite  de  Jacob  inscrivant  19  chargements  à  son  actif  entre
1520  et  1535,  dont  9  de  céréales  et  8  de  vin.
La  participation  sierckoise  au  trafic  mosellan  est  assurément  modeste:  55  passages
au  total,  dont  20  de  céréales,  14  de  vin  et  10  de  cabus.  Au  cours  de  trois  exercices
seulement  -  en  1524,  1525  et  1535  -,  la  localité  atteint  ou  dépasse  les  10  impositions.
  Pour  faibles  qu’ils  soient,  ces  chiffres  méritent  cependant  d’être  relevés
compte  tenu  de  la  quasi  absence  des  Sierckois  dans  les  registres  du  XVe  siècle  (tableau
  XXXIX)56.  Par  ailleurs,  à  64  reprises,  des  imposés  déclarent  comme  domicile
  le  village  tout  proche  de  Rettel,  riverain  de  la  Moselle57.  Le  maire  de  l’endroit
acquitte  29  fois  le  droit  entre  1525  et  1549.  D’autres  chargements  passent  au  nom
de  son  fils,  de  l’hôte  de  Rettel  (c’est-à-dire  le  tavemier  ou  l’aubergiste),  d’un
certain  Claus,  de  Jacques,  fils  de  l’hôte,  du  schriber  ou  encore  de  Diedrich58.  Il
n’est  pas  exclu  que  l’on  ait  à  faire  à  un  groupe  familial  dont  certains  membres  figurent
  indifféremment  sous  l’une  ou  l’autre  appellation.  Non  moins  de  3  736  mld.  de
céréales59  et  170  tonneaux  ou  pièces  de  vin  transitent  dans  leurs  embarcations  ou
véhicules.  S’y  ajoutent  notamment  14  chargements  de  cabus,  9  d’ardoises  et  4  de
harengs.
Tant  en  ce  qui  concerne  l’éventail  des  produits  taxés  que  le  recrutement  géographique
  des  imposés,  la  fréquence  des  passages  ou  le  rythme  saisonnier  du  trafic,  les
comptes  sierckois  de  la  première  moitié  du  XVIe  siècle  confirment  plusieurs  tendances
  observées  dans  le  dernier  quart  du  XVe.  Mais  le  trafic  pâtit,  après  1520,  des
hostilités  entre  l’Empire  et  la  France.  Les  taxations  de  bestiaux,  jusqu’alors  les  plus
nombreuses,  se  raréfient  et  portent  sur  des  effectifs  moins  importants,  tandis  que
le  commerce  des  céréales  s’arroge  la  première  place  et  fournit  fréquemment  à  lui
seul  la  grosse  moitié  -  jusqu’à  90  %  -  du  revenu  du  péage.  Le  fait  marquant  de  ces
décennies  n’en  reste  pas  moins,  à  la  faveur  du  contexte  politique,  l’incontestable
suprématie  tréviroise  à  partir  de  1524.

56  À  propos  d’éventuelles  franchises  pour  les  bourgeois  de  la  place,  cf.  supra,  p.  30.
57  Mention  en  1539  d’une  foire  se  tenant  dans  la  localité  le  vendredi  après  la  Pentecôte  (ADMM,  B
9368,  f°  148r).  -  Les  bénédictins  de  l’abbaye  Saint-Sixte  de  Rettel  avaient  déjà  tenté  d’y  établir  une
foire  vers  1274  (MÜLLER,  Quellen,  p.  29-30,  n°  39).
38  Nicolas  de  Rettel,  bourgeois  de  Thionville,  est  fermier  du  tonlieu  de  Remich  d’octobre  1535  à  fin
septembre  1538.  Vraisemblablement  est-ce  le  même  individu  que  Nicolas,  l’hôte  de  Rettel,  fermier
pour  les  trois  années  précédentes  (Yante,  Luxembourg  mosellan,  sous  presse).
59  Dont  380  mld.  remontant  le  cours  en  avril  1545  (1545,  60).

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