Full text: Lotharingia

guise s'ils le pouvaient. En 911, ils choisirent de se rallier au roi de Francie occidentale, 
Charles (le Simple), qui était un carolingien, de préférence à l'élu des ducs allemands, Con¬ 
rad de Franconie. Il est certain que si leur décision a été prise avant la mort du roi, cela per¬ 
met d'insister sur l'autonomie qu'ils voulaient avoir. Ils en manifestèrent encore d'autres 
preuves en abandonnant la cause de Charles le Simple à la suite des faveurs excessives 
accordées à son favori Haganon, et ils finirent par se choisir un prince pris parmi eux, 
Gislebert, princeps en 921. Mais ils n'étaient pas maîtres de la situation et rencontrèrent un 
redoutable adversaire dans le roi Henri 1er.38 
En 925, après 14 ans de rattachement à la Francie de l'ouest, par un autre mouvement de 
bascule, le royaume de Lothaire se trouvait de nouveau sous la coupe du roi de Germanie, 
qui en avait fait la conquête dès qu'il avait appris la défaite et l'emprisonnement de Charles 
le Simple. Devant le nouveau roi français, Raoul ancien duc de Bourgogne, Henri se trou¬ 
vait comme plus tôt Arnulf devant Eudes, c'est-à-dire devant un homme qui ne souhaitait 
pas conquérir le berceau des Carolingiens. 
3. Le duché partagé 
a) La Francia media zone de rencontres 
Le royaume de Lothaire n'avait pas de nom et n'avait pas de frontières. On pouvait l'appe¬ 
ler Francia media, on lui donnait la Meuse et le Rhin comme limites; on vit dans les faits 
que les deux choses se sont bien confirmées. 
Deux cartes le montrent: 
Pendant 25 ans la Francia media, le mot convient alors mieux que celui, prématuré, de 
Lotharingie, mérita bien son nom, car elle fut vraiment au centre de l'Empire la zone pri¬ 
vilégiée pour les rencontres des frères, des oncles et des neveux comme l'avait souhaité 
Louis le Pieux. Grâce au remarquable travail d'Ingrid Voss sur les rencontres royales, il a été 
facile de dresser une carte qui donne un bilan des rencontres au IXe siècle. Il faut distinguer 
deux phases: 
- les rencontres pour un gouvernement commun entre les trois frères Lothaire, Charles et 
Louis. Alternativement on allait d'un palais à l'autre de Francfort à Paris, avec les plus 
nombreux arrêts du côté d'Attigny et de Liège, puis les réunions incessantes, suscitées par 
les efforts de Lothaire II pour obtenir le divorce avec Teutberge, et là ce furent Gondre- 
ville et Attigny qui furent le plus sollicitées.39 
- la période qui suit 921 : dès lors les deux royaumes ont conscience que la Meuse est bien 
entre eux une frontière réelle, qu'on ne dépasse plus, ce qui explique que les lieux de 
rencontre aient été dès lors au bord du fleuve, aux deux endroits où les deux royaumes se 
touchaient réellement. 
C'est là un fait bien curieux que la reconnaissance du fleuve par les souverains, tandis que sur 
le terrain cette frontière était allègrement transgressée. Du moins fut-ce ainsi jusqu'en 1299. 
38 Michel PARI SSE, Austrasie, Lotharingie, Lorraine (Encyclopédie lorraine illustrée, Histoire de la 
Lorraine, L'époque médiévale), Nancy 1990, p. 72-74. 
39 Ingrid VOSS, Herrschertreffen im frühen und hohen Mittelalter, Cologne-Vienne 1987. 
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