Full text: Lotharingia

L'architecture 
Elle est en partie mieux représentée et mieux documentée, mais d'une approche globale 
tout aussi complexe. En effet, si les constructions ottoniennes sont nombreuses dès la 
seconde moitié du Xe siècle, nous ne savons pratiquement rien de l'activité architecturale 
dans la seconde moitié du IXe siècle. Les mentions sont rares et les données archéologiques 
presque inexistantes, à la différence des régions plus orientales de l'Empire ou du royaume 
de France, en Bourgogne notamment. Peut-être Drogon a-t-il fait reconstruire l'abbatiale de 
Saint-Arnoul, après la mort de Louis-le-Pieux? Les seuls exemples caractéristiques concer¬ 
nent des lieux où étaient conservés des corps saints: Nivelles, Echternach et Saint-Maximin 
de Trêves. Dans ces trois cas, la reconstruction a été motivée par la volonté de créer un 
espace privilégié autour de la sépulture et, dans les deux premiers, pour permettre d'appro¬ 
cher les corps saints. Ce phénomène est sans doute à mettre en rapport avec le développe¬ 
ment de la dévotion aux reliques et sans doute avec l'idée de pèlerinage. 
Le grand mouvement de construction qu'on constate en France au XIe siècle, commence 
nettement plus tôt, dès le second quart du X1' siècle, en Lotharingie, comme dans le reste de 
l'Empire. A Metz, par exemple, l'évêque Thierry I commence à reconstruire la cathédrale et 
l'abbatiale Saint-Vincent et ses successeurs vont faire de même avec les autres abbayes de 
la ville, ou en favoriser la rénovation. 
En ce qui concerne l'architecture ottonienne, on en suit assez bien l'évolution, malgré le 
petit nombre des édifices conservés, souvent très partiellement. On peut citer entre la fin du 
Xe et le milieu du Xle siècle: à Metz, l'abbatiale de Saint-Pierre-aux-Nonnains (Tableau 
№ 52), la crypte de Sainte-Ségolène, la cathédrale (fouilles et crypte en partie conservée, 
Tableau № 53); à Verdun, certains éléments de la cathédrale et la crypte Saint-Maur; les 
abbatiales Saint-Maurice d'Epi nal (en partie nef et transept) et Saint-Pierre de Remiremont 
(crypte, Tableau № 54), toutes deux consacrées par le pape Léon IX, vers 1050. On con¬ 
state dans ces édifices la conservation de certaines traditions carolingiennes, une évidente 
parenté avec les réalisations de la vallée du Rhin et plus encore peut-être avec certaines 
abbatiales mosanes, possessions de l'évêque de Metz durant cette période (Hastières- 
par-delà, Celles-lès-Dinant), et même avec certaines églises champenoises. L'abbatiale de 
BleurviIle (diocèse de Toul), de facture bourguignonne, semble marquer la limite sud de 
l'aire d'influence ottonienne. 
A l'époque carolingienne comme à l'époque ottonienne, la peinture manuscrite et la sculp¬ 
ture sur ivoire sont représentées par la production de centres dont l'existence est liée à celle 
de commanditaires ou protecteurs puissants. C'est dans la construction des églises entre la 
fin du Xe et le milieu du Xle siècle que l'on peut vraiment déceler certains facteurs d'unité. 
Toutefois, le sud de la Lotharingie apparaît surtout, autour de l'an mil, comme une région 
carrefour, sensible aux multiples influences périphériques. 
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