Full text: Lotharingia

moment ¡I fait allusion aux écoles de Liège. Pourtant nous savons que ces écoles étaient 
célèbres depuis l'époque d'Heracle.9 10 En 998 un disciple anglo-saxon écrit à propos de cet 
évêque „J'ai été au banquet de la science sacrée où m'a introduit ce maître chéri et j'y ai pu 
comme un petit chien lécher les miettes que laissaient tomber les convives. Une mort cru¬ 
elle m'a ravi ce doux maître qui a distribué à moi-même et à beaucoup le fruit de la science 
et nul ne sait combien depuis ces jours la faim et la soif intellectuelles ont tourmenté mon 
esprit désormais privé des festins du savoir". Par la suite le chroniqueur Anselme de Liège a 
parlé assez souvent des écoles et de l'oeuvre de Noîker. Il fait l'éloge du maître qui se fait 
offrir des enfants avant même leur naissance, qui s'entoure de scholares adolescentes pen¬ 
dant ses voyages, qui expose la science de l'Ecriture, qui s'intéresse à des laïcs auxquels il 
fait apprendre les artes. Notker a établi des écoles dans des collégiales qu'il a créées à 
Saint-Jean ou à Saint-Jacques mais aussi dans les faubourgs de Liège à Saint-Laurent. 
Sous Notker grâce au maître Wason, les élèves arrivent de partout même de Catalogne, bien 
que ce maître rende difficile l'accès à l'école. Ceux qui étaient venus vraiment pour travail¬ 
ler, il les accueille, les nourrit et il refuse les cadeaux ce qui semble assez rare. Mais Wason 
n'a pas que des satisfactions : dans une lettre à Jean que rappelle le chroniqueur Anselme 
écrite vers 1016, il dit qu'il ne rencontrait plus le goût d'apprendre et ne disposait d'aucun 
moyen de contrainte, un clerc a même cherché à le faire mourir. Et pourtant sous Wason, 
Liège est la grande nourrice des arts libéraux. Adamnan, ancien élève de Chartres et futur 
écolâtre de Liège, signale dans son poème le destin d'élèves qui plus tard iront enseigner, 
tel à Bamberg, tel à Paris, tel à Metz. 
Un autre écolâtre célèbre est Egbert qui rédigea un manuel Fecunda ratis dans lequel il fait 
étalage de sa science au service de Jeunes disciples. Il donne quelques précisions sur son 
école et condamne la brutalité des maîtres: „11 y a des écoles qui consistent plus en fouet 
qu'en discours. On affaiblit le corps, on ne se soucie pas de soigner l'esprit. La colère de 
Radamanthe est moins implacable que celle de certains maîtres... Des maîtres stupides 
veulent que leurs élèves sachant ce qu'ils n'ont pas appris ... Si l'esprit fait défaut vous cas¬ 
serez en vain une forêt entière sur les épaules de vos malheureux élèves. Je vois maltraiter 
également celui qui est capable d'apprendre et celui qui ne l'est pas... Non ce n'est pas 
ainsi qu'on forme un jeune homme." 
Non loin de Liège, l'abbaye de Lobbes est en relation avec „l'Athènes du Nord". Le maître 
Hériger qui devint abbé de Lobbes en 990 jusqu'en 1007 est un ami de Gerbert. Par lui il a 
connu l'Aquitaine dont il fit l'éloge dans la Vie de saint Remacle. Dans son oeuvre 
immense, il faut signaler les ouvrages scientifiques sur le comput et sur l'arithmétique en 
particulier un commentaire de l'abaque qui doit beaucoup à l'enseignement de Gerbert. 
Hériger fut le maître d'Adalbold qui devint écolâtre de Lobbes entre 999 et 1003 avant 
d'être archidiacre de Liège, puis évêque d'Utrecht. Cet Adalbold fut en correspondance 
avec Gerbert lorsque ce dernier devint pape sous le nom de Sylvestre II. Un manuscrit de 
Naples conserve un traité qui commence ainsi: „Commencement du livre de géométrie écrit 
par le seigneur Gerbert, pape et philosophe, qui est, également nommé Sylvestre II." Ce 
9 P. Riché, Ecoles et enseignement dans le haut Moyen Age, Paris 2e éd 1989, p. 165-167. 
10 P. Riché, Gerbert d'Aurillac ..., (note 4) p. 208. 
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