Full text: Beiträge zur Geschichte der frühneuzeitlichen Garnisons- und Festungsstadt

réputation épouvantable : on les peint comme des voleurs, ce qu’ils ont parfois été, et 
aussi comme des gens de rien, des roturiers, ce qui est absolument faux. Leur caracté¬ 
ristique fut d’être absolument indispensables au roi, donc au royaume. Le seul pro¬ 
blème est de se demander comment ils rassemblaient l’argent qu’ils prêtaient au roi, à 
un intérêt généralement assez lourd. Grâce à de récents travaux, on commence à le 
savoir. Tous ces financiers, la plupart anciens marchands et surtout anciens officiers 
de finances du roi, avaient derrière eux des bailleurs de fonds, qui leur prêtaient l’ar¬ 
gent qu’ils reprêtaient au roi. Ces bailleurs de fonds ne pouvaient être que les plus 
riches parmi les plus riches du royaume, c’est-à-dire principalement la grande nobles¬ 
se, mais aussi le haut clergé, mais encore les ministres eux-mêmes — Mazarin et 
Colbert en furent les exemples les plus fameux —, ce qui après tout est parfaitement 
logique. Comme tout ce beau monde se remboursait largement dans la perception des 
gabelles, des aides, parfois des tailles, ou bien dans les fournitures de la guerre ou de 
la marine, c’est toute une autre histoire que de plus jeunes que moi conteront, preuves 
à l’appui ; mais ce simple trait montre bien que le règne de Louis XIV est aussi celui 
des financiers et des riches bailleurs de fonds, tout autant que des brillants capitaines 
et des grands classiques. En 1680, le système fonctionne fort bien, l’équipe de finan¬ 
ciers mise en place par Colbert n’éprouvent pas trop de difficultés encore à récupérer 
et au-delà ses nombreuses avances. Mais le temps viendra vite où le Roi aura du mal à 
rembourser ses créanciers, et devra se lancer dans tout un système d’emprunts et de 
crédit que Colbert avait d’abord refusé, puis qu’il s’était résigné à adopter quelque 
peu durant la guerre qui venait de finir. Mais, aussi lourd que l’endettement de l’Etat 
devait apparaître en 1715, les difficultés furent toujours surmontées, notamment par 
deux procédés qui font partie du système royal (et de quelques autres) : la dévaluation 
permanente et la banqueroute, au moins partielle. En fin de compte, l’ultime garantie 
de tous ces mécanismes et de toutes ces acrobaties financières et budgétaires, ce fut 
toujours la grande et multiforme richesse du royaume, et la quantité considérable d’or 
et d’argent qui s’y trouvait, immobile ou circulante. 
Je sais que cette présentation évidemment partielle des structures fondamentales de 
la France de Vauban est assez peu traditionnelle. Elle insiste peut-être trop sur quel¬ 
ques paradoxes, ou sur des travaux très récents, comme ceux de Daniel Dessert. Du 
moins cette présentation, qui peut paraître provocante, est parfaitement sincère et, 
par-dessus le marché, je l’espère exacte (sauf quelques raccourcis volontaires et d’iné¬ 
vitables et involontaires insuffisances ou inadvertances). L’exactitude est sans doute 
une prétention ; elle est pour le moins actuelle ; elle est sûrement rare et de plus en 
plus en un temps où l’on écrit, parfois, n’importe quoi ; elle est sûrement provisoire, 
ce qui permettra de l’améliorer. 
Orientation Bibliographique 
I. Sur l’époque Louis XIV en général. 
La visse et collaborateurs: Louis XIV, 1911; réédition 1978 (Paris, Tallandier, 2 vol.) 
Pierre Goubert, Louis XIV et vingt millions de français, Paris, Fayard, 1966 (trad. en alle- 
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