Full text: Beiträge zur Geschichte der frühneuzeitlichen Garnisons- und Festungsstadt

faire tuer sur les nombreux champs de bataille. Les parlementaires furent durement 
traités, et ramenés pratiquement au silence, sinon à la servilité. Les organismes pro¬ 
vinciaux récalcitrants Etats ou Parlements furent réduits à la raison par la séduction, 
par la corruption ou par l’intimidation généralement sous l’action des nouveaux in¬ 
tendants, répandus presque partout. Le plus difficile fut de faire cesser les révoltes de 
petites gens, surtout de paysans, qui durèrent jusqu’en 1675 avant de reprendre après 
1700 dans les Cévennes, mais pour des motifs surtout religieux. Dans tous les cas, il 
fallut envoyer l’armée, qui instrumenta très brutalement. Mais vers 1680, tout était 
calme, ou à peu près. 
On ignore quelquefois que cette rudesse dans la remise en ordre du royaume était 
accompagnée pourtant de beaucoup de souplesse. Simple exemple : on n’eut jamais 
l’idée si maladroite d’imposer à tous les habitants du royaume, dont une bonne moitié 
ne parlait pas français, l’usage obligatoire d’une même langue ; il suffisait que les 
administrateurs et les élites parlent le langage du roi, ou le comprennent, et puissent le 
traduire en dialecte. Jamais il ne fut question de supprimer les privilèges nombreux et 
très anciens, de presque toutes les villes, de presque toutes les provinces, sauf les vieux 
pays capétiens de la Seine et de la Loire ; simplement, l’administration royale en ré¬ 
duisit progressivement le champ d’application. 
De cette administration royale, les Intendants, envoyés personnels du monarque et 
souvent pourvus de presque tous les pouvoirs, étaient le rouage essentiel. Presque 
toutes les provinces en furent pourvues (les dernières, comme la Bretagne, en 1689). 
Toute une littérature historique exalte leurs pouvoirs et leur action. On ne dit pas 
assez qu’ils n’étaient qu’une trentaine, que leurs bureaux nous paraissent squelettiques 
— guère plus d’une dizaine de personnes — et que leurs subordonnés n’étaient pas un 
millier pour toute la France ; encore étaient-ils généralement des bénévoles à l’époque 
où nous nous plaçons. Bel exemple de légèreté administrative, qui en fin de compte 
gardait une certaine confiance aux organismes provinciaux et locaux, pourvu qu’ils 
fussent surveillés. 
Mais cette légèreté entraînait quelques inconvénients. L’un résidait dans l’extrême 
lenteur avec laquelle les injonctions royales atteignaient le fond des campagnes, et la 
lenteur non moins grande avec laquelle remontaient vers Paris les comptes-rendus, les 
rapports, et aussi les impôts. 
Or l’impôt, c’est-à-dire la monnaie sonnante et trébuchante (les monnaies de papier 
n’étant que des substituts provisoires ou des promesses de versement futur), 
constituait le nerf même de la politique et de la guerre ; les meilleurs généraux du 
monde ne sont rien sans régiments soldés, nourris et armés, on s’excuse de le rappeler. 
Or, pour drainer l’argent du royaume, l’administration financière royale était tout à 
fait insuffisante en nombre et beaucoup trop lente dans les recouvrements. Aussi la 
royauté s’était-elle assurée depuis fort longtemps la collaboration des assemblées loca¬ 
les de paysans et des échevinages urbains, qui assuraient, sous surveillance, l’assiette et 
la collecte. Mais l’essentiel était de voir arriver très vite les sacs d’écus. La structure 
administrative et financière ne le permettait pas, et les contribuables n’y mettaient 
aucune bonne volonté. Aussi les rois, depuis longtemps aussi, avaient-ils recours à des 
personnages qu’on nomme traitants, ou partisans, ou financiers, ou fermiers, et qui 
étaient exactement ceux qui avançaient au roi, très vite, des millions et des millions de 
livres-tournois, soit des dizaines de tonnes d’or ou d’argent. Ces financiers ont une 
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