Full text: Beiträge zur Geschichte der frühneuzeitlichen Garnisons- und Festungsstadt

ville, Montmédy, les fabriques ordinaires sont de peu de conséquence, mais les 
États-Majors qui s’y trouvent font subsister les habitans30. La construction des caser¬ 
nes engendre cependant des avis mitigés. Toul en attend, en 1740, un accroissement 
considérable de sa population et de ses activités31. Mais Verdun constate, fin 1739, 
qu’au lieu d’amener des citoynes nouveaux, elle a provoqué de nombreux départs et si 
l’on veut attirer ou conserver les habitants, il faut supprimer quelques impôts établis 
pour les édifier32. Enfin, quelques Messins soucieux de ranimer l’économie évêchoise 
s’interrogent, en 1772, sur le rôle de l’armée. Certes, les grands travaux de 
1728—1740 ont été bénéfiques puisque les troupes ont consommé dans le pays toutes 
les toiles, les vins et autres denrées qu’on aurait pu exporter, mais ils ont, à terme, 
émoussé la volonté exportatrice des négociants du cru. L’essor de la garnison a donc 
engendré des habitudes de facilité qu’il serait difficile de réformer si ses effectifs ve¬ 
naient à baisser. Au commerce international désormais de relayer ce palliatif insuffi¬ 
sant33 ... 
Ces quelques témoignages révèlent deux points de vue différents. Pour Versailles et 
ses représentants, les garnisons sont un bienfait en soi. Sans elles, les Evêchés n’au¬ 
raient aucun débouché pour leurs produits agricoles34. L’appréciation des Evêchois est 
forcément plus nuancée. Le « court terme » quotidien leur apprend autant ce qu’ils 
leur doivent que ce qu’elles leur coûtent, compte-tenu des distorsions qui peuvent 
exister d’un groupe socio-économique à l’autre. Faire globalement la part des choses 
demeure toutefois délicat. 
L’impact économique des garnisons est fonction du volume des sommes mises 
en œuvre, à différents niveaux, pour constituer leur cadre de vie. Les dépenses de 
construction et d’entretien des fortifications donnent l’ordre de grandeur qu’il 
convient d’adopter. D’origine « centrale », elles équivalent, localement, à des crédits 
d’investissement. Certes, le remodelage d’une place forte entraîne des expropriations et 
la mort de terrains jusqu’alors productifs (jardins et vergers privés, pacages commu¬ 
naux). Il crée et entretient cependant une forte demande de matériaux variés (pierres 
de taille, briques, chaux, bois, fers, plomb) et maintient d’importants chantiers où 
s’emploient de nombreux corps de métiers (maçons, charpentiers). S’il engendre foule 
de servitudes en matières de construtions extérieures et de circulation, il n’en recrée 
pas moins de nouveaux terrains productifs, mais au bénéfice d’autres usufruitiers. 
La construction de Sarrelouis aurait consommé, selon Turgot, cinq à six millions de 
livres tournois de 1680 à 1685, auxquels s’ajoutèrent jusqu’en 1789 au moins trois 
millions dont près de la moitié pour 1686—1700. Soit un investissement annuel théo¬ 
rique d’environ 73 000 l.t., variant en fait du million annuel initial (sur cinq ans) aux 
modestes 5000 l.t. de l’entretien de routine et assorti de hausses conjoncturelles impo¬ 
30 AE MD France 1767, Mémoire concernant la situation des Peuples du royaume de France en 
l’année 1745, f° 107 r°-108 v°. 
31 Mémoire historique sur Toul (10 juillet 1740) dans L’Austrasie, Metz, 1855, p. 134—146. 
32 AD Moselle C 11/38. « Eclaircissements sur la Ville de Verdun », 22 décembre 1739. 
33 BM Metz Ms 1349, pp. 129—150: Mémoire sur la question de savoir s’il serait avantageux à 
la province des Evêchés de porter les bureaux (douaniers) sur les limites du royaume, de Gar- 
deur-Lebrun père (?-1786), professeur de mathématiques à l’Ecole royale d’artillerie de Metz 
et directeur de la Société royale des Sciences et des Arts, 18 mai 1772. 
34 C’est le « dogme » de Turgot, repris tel quel par l’administration militaire ou fiscale, par 
exemple AG MR 975, f 109 v° (1717—1734) et AE MD France 1767, f 109 r° (1745). 
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