Full text: L' esprit, acte pur

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d'antécédent ni de conséquent, puisqu’il cesserait alors 
de devenir. 
Une telle réalité, qui n’est ni le principe ni la fin d’un pro¬ 
cessus, ne peut être conçue comme unité sans l’être en même 
temps comme multiplicité, car elle cesserait d’être dé¬ 
veloppement et d'être esprit. La multiplicité lui est néces¬ 
saire en effet pour qu’elle puisse être dite concrète, et elle 
est indispensable à sa réalité dialectique elle-même. Mais 
l’infinité de cette unité, que devient-elle ? Elle n’est pas 
niée, loin de là, elle est plutôt confirmée ou, plus exac¬ 
tement réalisée à travers la multiplicité qui n’est après 
tout que le déploiement par lequel l’unité s’actue. 
5. Unité qui se multiplie et multiplicité qui s'unifie. — 
Loin d’exclure la multiplicité spirituelle, la conception 
dialectique de l’esprit l’estime essentielle à l’unité de l’es¬ 
prit. Ainsi l’unification de la multiplicité est infinie comme 
l'est de son côté la multiplication de l’unité. Non pas qu’il 
s’agisse, comme le crurent les disciples de Platon, de deux 
processus distincts l’un de l’autre, l’un descendant de l’unité, 
et équivalant à une multiplication, l’autre montant vers 
l’unité, ayant pour résultat l’unification (idée qui engen¬ 
dra bien plus tard les deux cycles Giobertiens où l'Être 
crée l’existant et l’existant retourne à l’Être). Comprendre 
ainsi le rapport réciproque entre l’unité et la mul¬ 
tiplicité serait retomber dans l’erreur, déjà critiquée, de 
ceux qui se font une fausse idée du développement. Il faut 
le répéter, nous ne trouvons jamais aucun de ces deux 
termes, ni comme point de départ, ni comme point d'arri¬ 
vée, parce que le développement peut également se définir 
une multiplication qui est une unification, et une unifi¬ 
cation qui est une multiplication. 
Il n’est pas de différenciation qui détruise, même pour 
le plus bref instant, l’unité du germe qui se développe. 
Aussi l’esprit ne peut-il poser ou, si l'on veut, contempler 
quoi que ce soit d’étranger en sortant de soi-même et en 
brisant son unité intime par la position d’une altérité qui 
ne serait que multiplicité pure. Le non-Nous n’est pas 
non-Nous au point de n’être pas nous-même. Le Nous,
	        
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