Title:
Le péage lorrain de Sierck-sur-Moselle
Creator:
Yante, Jean-Marie
Work URN:
urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-258199
PURL:
https://digital.sulb.uni-saarland.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-258682
Chapitre 5 
Le trafic dans les années 1424 à 1428 
La crise du commerce messin, patente vers 1400, et le rétrécissement progressif des 
horizons économiques de la cité1 provoquent selon toute vraisemblance un ralentis¬ 
sement du trafic dans la vallée mosellane. Au décès de Wenceslas Ier (1383), le 
Luxembourg est quant à lui entraîné pour plusieurs décennies dans le désordre poli¬ 
tique. Le "temps des engagères", inauguré en 1388, met le duché à la merci de 
princes, membres de la dynastie ou de maisons étrangères, davantage prompts à le 
spolier qu’à soutenir et restaurer une économie ébranlée2. Trêves n’échappe pas 
aux difficultés: à partir de 1410, ses finances sont de plus en plus déficitaires; la 
crise culmine après le siège de la ville par Ulrich de Manderscheid en 14333. Les 
premiers comptes du péage sierckois se situent dans cette conjoncture. 
Les commis à la perception enregistrent 299 passages entre le 20 octobre 1424 et 
le 19 février 1428. Aucune des trois années civiles complètes incluses dans cette 
période n’atteint les 100 taxations (maximum de 96 en 1426). Même en tenant 
compte d’éventuelles exemptions au bénéfice de Lorrains opérant pour leurs propres 
besoins et d’établissements ecclésiastiques, le trafic s’avère incontestablement faible. 
Toute approche saisonnière en devient délicate. De ce point de vue, convient-il du 
reste de prendre en considération la part mensuelle de la recette totale ou celle du 
nombre annuel de passages? La tarification n’étant pas proportionnelle à la valeur 
des chargements, on a préféré la seconde. Il n’existe à proprement parler ni haute 
ni basse saison. La plupart des mois interviennent à concurrence de 5 à 10 % du 
total annuel. Seuls janvier 1426 (15,6 % et 15 passages) et décembre 1427 (17,5 
% et 14 passages) accusent un relief relatif (graphique X). 
Qu’elle soit consignée par les préposés ou qu’on puisse la déduire de passages anté¬ 
rieurs ou postérieurs, l’origine géographique des imposés est connue neuf fois sur 
dix. Une quarantaine de passages sont par ailleurs le fait d’individus domiciliés en 
des endroits différents mais, semble-t-il, opérant ensemble. Dans la mesure où elles 
ont pu être identifiées, les localités ont été reportées sur carte (carte II). Chacune 
est représentée par un cercle de diamètre proportionnel au nombre de passages à 
l’actif de ses habitants. D’emblée apparaît la part prise dans le trafic par les 
Trévirois et les Messins mentionnés respectivement à 62 et 50 reprises. On aura 
l’occasion de revenir sur l’éventail des produits taxés et le profil de l’un ou l’autre 
1 Schneider, Recherches, p. 11-15. 
2 Voir notamment [Goedert], Formation, p. 166-169; QUICKE, Intérêt; RICHTER, Luxemburger 
Hrbfolgestreit; SCHOOS, Machtkampf; van WERVEKE, Definitive Erwerbung; ID., Erwerbung; 
Wymans, Rébellion. 
3 Laufner, Handelsbereich, p, 194; Id,, Manderscheidsche Fehde, p. 48-60. 
48
        

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