Title:
Le péage lorrain de Sierck-sur-Moselle
Creator:
Yante, Jean-Marie
Work URN:
urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-258199
PURL:
https://digital.sulb.uni-saarland.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-258306
reur Henri III le 13 août 10453 5. Peut-être dès le Xe siècle également, les Messins 
jouissent de franchises à ce poste. Des rapports de droits de la cité (XIIIe siècle) 
mentionnent en effet Thionville parmi les localités qualifiées de chambres l’empe¬ 
reur où les bourgeois sont exempts du tonlieu6. 
Ce droit est aux époques mérovingienne et carolingienne une prérogative régalienne 
mais, dès les Xe et XIe siècles, des comtes et des seigneurs lèvent des tonlieux en 
leur nom propre et, à partir du XIIe, les empereurs n’interviennent plus guère que 
pour confirmer des privilèges antérieurs ou accorder des exemptions valables dans 
tout l’Empire7. 
On ignore l’époque et les circonstances d’instauration du péage lorrain de Sierck. 
Celui-ci est mentionné pour la première fois dans un acte non daté (entre 1179 et 
1205) par lequel Ferry de Bitche, frère du duc Simon de Lorraine, confirme aux 
cisterciens de Villers-Bettnach le droit que leur a concédé son père, le duc Mathieu 
Ier, de passer sans bourse délier sur la Moselle devant le château de Sierck. Le 
péage existait donc sous le règne de Mathieu Ier (1139-1176) sans que l’on puisse 
pour autant en attribuer la création à ce prince8. Il apparaît ensuite dans une charte 
de Mathieu II, de mars 1230, octroyant en fief lige à un certain Warri Dorei une 
rente annuelle de 100 sous messins sur les revenus du péage de Sierck et sur les 
droits grevant les ventes dans la localité9. A la fin du siècle, l’imposition frappe 
tant le trafic fluvial que terrestre, ainsi qu’il ressort d’une stipulation de la charte 
de franchises de Sierck, du 9 février 1295, réservant au souverain, le duc Ferry III, 
les péages par terre et par eau10. 
Les dynastes de Luxembourg cherchent eux aussi à tirer profit de l’intensification 
de la navigation marchande. On ne sait quand ni comment le tonlieu thionvillois 
passa en leurs mains. Il serait hasardeux d’affirmer que le droit de l’eau mentionné 
en 1315 dans la valissance de la chastelerie de Thionville (état des droits et revenus 
comtaux) était acquitté par les bateliers11. À la fin du XIIIe siècle, ces princes 
s’efforcent en tout cas de contrôler le trafic entre Sierck et la métropole ecclé¬ 
siastique de Trêves. L’archevêque reproche à Henri VI, en 1286, d’avoir établi des 
barrages sur la Moselle (et sur les routes) et, pour s’en être pris aux églises et aux 
monastères, le frappe d’excommunication12. Treize ans plus tard, les sujets de l’ar- 
3 MRUB, t. I, n° 149 et 376. 
6 SCHNEIDER, Ville, p. 178-179; ID., Chambre l’Empereur, p. 456-458. 
7 Ganshof, Het tolwezen in het Fränkisch rijk onder de Merowingen; Id., Het tolwezen in het 
Fränkisch rijk onder de Karolingen; STOLZ, Zur Entwicklungsgeschichte, p. 9-10; Fanchamps, 
Étude, p. 232-237; Despy, Tarifs, p. 17-18. 
8 ADM, H 1715 (copie du XVIIIe siècle); DUVERNOY, Catalogue, p. 142 (n° 113) et 193-194 (n° 
220). 
9 LE Mercier de Morière, Catalogue, p. 146, n° 109. 
10 Cf. infra, p. 21, note 22. 
11 van WERVEKE, Urbar, p. 361. - Sur la nature du droit: Yante, Productions, p. 217. 
12 UQB, t. V, n° 161. 
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