Title:
Lotharingia
Creator:
Herrmann, Hans-Walter
Work URN:
urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-91559
PURL:
https://digital.sulb.uni-saarland.de/viewer/resolver?urn=urn:nbn:de:bsz:291-sulbdigital-94058
Le relai va s'opérer sous la dynastie ottonienne, par quelques oeuvres de prestige réalisées à 
Trêves, comme le Registrum Gregorii, niais, vers l'an mil, les grand centres de production se 
trouvent plutôt dans la vallée du Rhin (Cologne) ou, plus à l'est, dans de grandes abbayes 
comme Reichenau ou Fulda. Cependant, dans le second quart du XIe siècle, grâce à la 
faveur d'Henri III, un important scriptorium se développe à Echternach dont la production 
de qualité est telle qu'elle a suscité de nombreuses commandes, d'où une large diffusion 
dans l'Empire. Cette activité est caractérisée notamment par la réalisation d'Evangiles, une 
production courante au décor stéréotypé et des oeuvres majeures, abondamment illustrées 
de scènes narratives disposées en bandes, selon la tradition du haut Moyen Age, comme le 
codex aureus de Nuremberg et celui de l'Escorial. 
En ce qui concerne la peinture manuscrite, la naissance et la disparition de ces centres 
artistiques semble essentiellement liée à la présence de protecteurs ou de commanditaires 
puissants. L'appartenance au cadre lotharingien ne paraît pas déterminante. 
Les ivoires 
Sous Drogon, parallèlement à l'activité picturale, se dévelope le travail de l'ivoire, pour la 
réalisations de reliures. Cet emploi n'est pas nouveau et de nombreux exemples antérieurs 
en témoignent. Cependant, là encore, on voit apparaître à Metz, au milieu du IXe siècle, un 
art très raffiné caractérisé par une utilisation de plaques très minces dont le fond est ajouré 
(Tableau № 50) et parfois la juxtaposition de petites scènes narratives (Sacramentaire de 
Drogon, Tableau № 51). Cependant d'incontestables différences dans le traitement conduit 
à penser que deux groupes d'artistes de qualité différente ont travaillé à la même époque. 
On peut même supposer qu'un ou plusieurs grands artistes ont brièvement travaillé à Metz 
et que des artistes locaux les ont relayés. Mais les oeuvres sont peu nombreuses et la pro¬ 
duction semble s'interrompre après la mort de l'évêque. 
Toutefois, à la fin du IXe et au début du Xe siècle, on assiste à une renaissance du travail de 
l'ivoire, qu'attestent les nombreuses plaques conservées, toutes destinées à des reliures 
d'Evangiles ou d'Evangéliaires. On parle souvent d'une seconde Ecole de Metz, mais la 
localisation de ce centre de production n'est pas vraiment attestée, certains auteurs parlent 
plutôt d'Ecole lotharingienne. L'iconographie n'offre que peu de variantes - crucifixion, 
Ascension, scènes de la vie du Christ, plus rarement des apôtres - en outre, certains élé¬ 
ments stéréotypés se retrouvent souvent dans des scènes différentes. Leur étude reste à 
approfondir, mais toute recherche nouvelle est rendue difficile par le fait que la plupart des 
ivoires ont été dissociés de leurs supports et qu'on en ignore souvent la provenance. Vers 
l'an mil, comme pour l'enluminure, les centres de production vont se déplacer, en particu¬ 
lier vers la vallée du Rhin. 
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