Full text: Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

De 1815 à t914. 
ÿ fl. —- Sarrebrück après 1815. 
Epuisée par la guerre et les réquisitions, déconcertée 
par la chute de Napoléon, apeurée par le typhus qui, à 
Sarrebrück comme à Trèves et à Mayence fit de si nom- 
breuses victrmes après avoir décimé les armées fran- 
çaises en retraite, la population sarrebrütkoise atten- 
dait dans l’anxiété la fixation de son sort, résignée 
d’avance à l’accepter, au moins pour la forme, quel 
qu’il dût être. Mais, de toutes les nationalités, celle qui 
lui répugnait davantage fut celle qu’on lui imposa : 
la prussienne. Bien longtemps, dans toutes les parties du 
pays rhénan, les habitants allaient rester des Musspreu 
sen, des « Prussiens par force ». 
Au mois de juillet 1817, Victor Cousin, qui allait étu- 
dier la philosophie dans cette Allemagne idéale et ima- 
ginaire que le livre si perfide de Mme de Staël avait 
mise à la mode dans le monde intellectuel, passa par 
Sarrebrück. Il y avait deux ans que la région de la 
Sarre était officiellement incorporée à la Prusse. Il des- 
cend de la diligence : « À mon lañgage, raconte-t-il, on 
me reconnaît, on m’entoure : « Que dit-on en France ! 
Pense-t-on à nous ? Nous avons le corps prussien et le 
cœur français ! » 
On attendait toujours notre retour. C'est qu’avant 
1815, il n’y avait point de relations, d’aucune sorte, 
entre Berlin et Sarrebrück, non plus qu’entre Berlin 
et Trèves, Aix-la-Chapelle ou Mayence. La domination 
prussienne infligée comme un châtiment à ces villes rhé- 
nanes et mosellanes était donc une intrusion étrangère, 
odieuse, intolérable et que rien, dans le passé, ne pou- 
vait justifier.
	        
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