Full text: Das Saarland zwischen Frankreich, Deutschland und Europa

cette formule pouvait prêter à bien des interprétations et méritait, pour être jugée, 
de recevoir un contour plus précis. N’était-ce pas, d’autre part, la thèse qu’avait 
exposé le 8 Juin une étude du Dr. Wenger parue dans le Rheinische Merkur et qui, 
parmi tant d’articles d’excitation, de critique ou de revendication, se distinguait par 
un aspect constructif. M. Blankenhorn m’a répondu que la publication du Rheini¬ 
sche Merkur reflétait dans l’ensemble les idées du Chancelier et qu’il faudrait 
seulement donner à ces suggestions une forme concrète et en définir les possibilités 
de réalisation. Ce que souhaitait M. Adenauer, c’était de faire de la Sarre le premier 
territoire européen, suivant une formule qui pourrait s’étendre peu à peu jusqu’à la 
constitution d’une Europe unifiée. 11 estimait en effet que la conception du Plan 
Pleven était si hardie et portait si loin qu’elle conduirait à l’établissement d’une 
politique étrangère commune et à une identification toujours plus étroite du sort de 
nos deux pays. Premier territoire européen, la Sarre serait placée sous le contrôle de 
l’Assemblée européenne et pourrait être le siège des organisations du Plan 
Schuman et éventuellement de celles du Plan Pleven. On pouvait se demander, ai- 
je observé, s’il était concevable de charger une assemblée d'un contrôle administra¬ 
tif. Ce rôle ne conviendrait-il pas mieux à un organe exécutif comme le Conseil des 
Ministres de Strasbourg. M. Blankenhorn m’a répondu que l’Assemblée à laquelle 
songeait le Chancelier était plutôt celle du Plan Schuman. J’ai exprimé l'idée que le 
contrôle par une assemblée dans laquelle l’influence de l’Allemagne et de la France 
serait prédominante, ne ferait pas sortir la Sarre du cadre d’une attirance ou d'une 
rivalité de nos deux pays, tandis que l’on pouvait imaginer que l’organisation de 
Strasbourg conférerait à ce contrôle un autre caractère. 
Dans la seconde conversation qui, comme la première, portait également sur 
d’autres sujets, M. Blankenhorn, en soulignant de nouveau le vif désir qui animait 
le Chancelier de régler une question qui semait le trouble dans les rapports franco- 
allemands, est revenu sur l’établissement en Sarre de la capitale européenne. Sarre- 
bruck, m’a-t-il dit, n’offrait pas les facilités voulues; mais on pourrait bâtir de 
toutes pièces une ville nouvelle près de Homburg. Je lui ai demandé comment le 
Chancelier concevait, en pareil cas, le statut de la Sarre. Serait-elle administrée par 
son Gouvernement propre et conserverait-elle son assemblée? Oui, m’a répondu 
mon interlocuteur; ce ne serait pas un „Land“ et le mot serait à éviter comme 
risquant de faire croire que la Sarre serait rattachée à l’Allemagne. On devrait 
prévoir au contraire que les Sarrois recevraient la nationalité „européenne“ et 
disposeraient d’un passeport européen. Ce que le Gouvernement fédéral veut 
éviter, c’est la formation d’un second Luxembourg. Si l’on parvenait à régler 
l’affaire sarroise dans le sens indiqué, toute l’agitation des nationalistes ou de 
l’opposition, celle des anciens officiers, comme celles des Kaiser, ou des 
Schumacher s’effondrerait. 
J’ai répondu à ces exposés que je ne savais pas quel serait, en présence de pareils 
projets, l’attitude de mon gouvernement. La solution préconisée par lui pour le 
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