Full text: Stadtentwicklung im deutsch-französisch-luxemburgischen Grenzraum

Christine Mengin 
Occupation et Monuments historiques 
Le Bureau d’architecture du Gouvernement militaire 
de la Zone française d’Occupation 1946-1949 
Un volet mal connu de la politique culturelle menée par le Gouvernement militaire 
dans la Zone française d’occupation en Allemagne est l’intervention officielle d’offi¬ 
ciers-architectes en uniforme sur les monuments historiques.1 De 1946 à 1949, le 
Bureau de l’architecture auquel ils sont rattachés va tenter d’appliquer au patrimoine 
monumental de l’Allemagne en ruine les principes architecturaux en vigueur en 
France. Bien que ses objectifs ambitieux soient freinés par sa hiérarchie, la pénurie, 
la désorganisation de l’Allemagne vaincue et les réticences profondes des "Denkmal- 
pfleger" allemands, héritiers d’une tradition différente, le bilan de son activité, pour 
mince qu’il soit, n’est pas totalement négatif. 
Dès leur installation dans leur zone d’occupation, les autorités françaises se trouvent 
confrontées à la situation critique du patrimoine monumental, très gravement touché 
par les bombardements aériens2 et les combats militaires du début de l’année 1945; 
l’ampleur des destructions dans de nombreuses villes impose que soient prises des 
mesures urgentes de mise hors d’eau et de consolidation de nombreux édifices, dont 
l’entretien avait déjà souffert des restrictions de l’économie de guerre. Or le sud de 
l’Allemagne présente une concentration exceptionnelle de monuments historiques: sur 
les 500 000 que compte la République fédérale d’Allemagne, 350 000 sont situés en 
Bavière et dans le Bade-Wurtemberg. 
Ces conditions dramatiques décident le général Koenig, Commandant en chef des 
forces d’occupation en Allemagne à créer, au sein de la sous-direction des Beaux-Arts 
des services d’occupation, un Bureau de l’architecture chargé de l’intervention sur les 
monuments historiques, et de différentes missions accessoires concernant l’architectu¬ 
re et relevant de la politique culturelle française. Il demande donc au Directeur de 
l’architecture, qui dépend alors du Ministère de l’Education Nationale, Robert Danis*, 
de détacher dans la zone un architecte en chef des monuments historiques: il s’agira 
1 Ce texte reprend les conclusions d’une enquête menée en 1986-1989 dans le cadre de la 
recherche "Les relations franco-allemandes 1940-1950 et leurs effets sur l’architecture et la 
forme urbaine", dirigée par Jean-Louis Cohen (Ecole d’Architecture Paris-Villemin) et 
Hartmut Frank (Hochschule für bildende Künste, Hambourg), financée par la Fondation 
Volkswagenwerk, Hanovre. Cette enquête s’appuie sur le dépouillement des documents 
conservés aux Archives de l’Occupation Française en Allemagne et en Autriche (ci-après: 
AOFAA), Ministère des Affaires Etrangères, Colmar. Les fonctionnaires d’administration 
avaient un statut civil mais étaient doté d’un grade militaire fictif et portaient un uniforme 
ressemblant aux uniformes militaires. Les noms d’architecte marqués d’un * renvoient aux 
indications biographiques du chapitre précédent. 
2 En effet, bien que dépourvue de grands centres industriels, ce secteur de l’Allemagne 
compte de très nombreuses villes, grandes et moyennes, détruites en partie par les effets 
conjugués de la stratégie alliée de bombardement systématique qui avaient explicitement visé 
les centres anciens. 
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