équilibre a établir à la lumière des expériences anglaises, entre le nombre des loge¬
ments/maisons unifamiliaux (Einfamilienhäuser) et les logements/édifices plurifamili-
aux (Mehrfamilienhäuser). Nous savons que ce débat passionnait l’Allemagne qui
subissait au début du XXe siècle une poussée importante d’urbanisation et qui
cherchait une forme urbaine et une densité d’habitat nouvelles. Stockfeld est la
première cité-jardin en Allemagne et sur le continent qui ait résolument opté pour
l’introduction massive d’édifices plurifamiliaux, anticipant ainsi sur les réalisations du
mouvement moderne de l’entre-deux-guerres.31 Près de trois-quarts (73%) du parc
d’habitat de la cité-jardin sera en effet composé de logements plurifamiliaux (Tabl. 3),
avec cependant la réserve suivante: l’habitat groupé ne dépassera pas quatre loge¬
ments par escalier commun.
nombre de pièces
cuisine comprise
3
4
5
total
prévus dans le programme
de 1909
-
458
-
458
projetés par Schimpf en 1910
76
344
38
458
le parc de logements réalisé
par Zimmerlé en 1912
77
383
-
460
le parc de logements en 1923
73
346
38
457
le parc de logements en 1980
74
348
38
460
Tabl. 2: La répartition du parc d’habitat par type de logement
Le succès ou l’échec d’une cité-jardin dépend non seulement de son projet social,
mais aussi, et dans une large mesure, de son projet architectural et paysager. La façon
dont Schimpf a conçu les bâtiments et leur mise en scène urbaine/rurale, donne à
Stockfeld une ambiance, un ton, un aspect pittoresque particulier, mais qui ne dénote
pas excessivement la banlieue Sud, populaire et semi-rurale. Malgré leur variété, les
bâtiments de la cité peuvent être regroupés en deux: a) ceux qui regroupent les
logements unifamiliaux (T III., V. en bande et T VI. maisons jumelées) et b) ceux qui
regroupent les logements plurifamiliaux (T I., II., Il./a en bande et T IV. logements
groupés par quatre). Malgré les soins architecturaux apportés à ces derniers bâtiments
plus économiques, il est visible et clair que les préférences de Schimpf vont aux
bâtiments qui abritent les logements unifamiliaux, dont la modénature et l’esthétique
vont être dessinées avec chaleur et dans la tradition pittoresque et gardenesque du
Certes dans les quartiers de la cité-jardin de Hellerau, construits par Richard Riemerschmid
et Hermann Muthesius, l’habitat groupé est dominant, mais il y a aussi les quartiers des villas
où domine la maison unifamiliale.
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