Full text: Beiträge zur Geschichte der frühneuzeitlichen Garnisons- und Festungsstadt

réductions en matière de subvention (l’équivalent de la taille dans les Evêchés) surtout 
— que la monarchie savait rappeler à l’occasion — compensèrent en partie ces prélè¬ 
vements, les villes de garnison subirent et acceptèrent la lente dégradation de leurs 
finances. A l’instar du Magistrat de Metz qui n’avait pas résisté avec assez de fermeté 
aux caprices des commandants ou gouverneurs et avait souffert trop longtemps que 
les revenus fussent distraits de leur objet pour être employés ailleurs, elles cédèrent 
trop volontiers aux pressions des militaires pour surinvestir dans des secteurs étran¬ 
gers au « bien public »49. 
En échange, que recevaient-elles ainsi que leur plat-pays ? Dans son principe, la 
réponse est simple : en premier lieu, une partie des appointements des officiers, l’es¬ 
sentiel des soldes des hommes de troupe, masses comprises, et une partie des alloca¬ 
tions-fourrages versées par le roi aux munitionnaires qui se fournissaient sur place. 
Plus que l’évolution des différents types de soldes compte ici la « masse salariale » 
théorique que représente, à un moment donné, tel ou tel type d’unité50. Celle d’un 
régiment d’infanterie française à deux bataillons s’élève en 1739 (76 officiers et 1 023 
hommes) à 202 777 l.t. par an, en 1754 (63 et 1 050) à 195 967 l.t. et en 1770 (64 
officiers et 1 118 hommes) à 242 956 l.t.51. Celle d’un régiment de cavalerie à deux 
escadrons, dont l’effectif oscille autour de 20/31 officiers et 216/433 maîtres, s’élève, 
aux mêmes dates, à 63 436 l.t., 71 948 l.t. et 156 376 l.t. par an auquelles s’ajoutent 
45 624 l.t. puis 54 752 et 104 240 l.t. d’allocations-fourrages52. On comprend ainsi la 
préférence des villes pour les unités de cavalerie : plus d’argent escompté pour moins 
d’hommes à supporter. Celle d’un bataillon d’artillerie atteint en 1754 (66 officiers, 
720 hommes) 222 858 l.t. et, en 1771 (102 officiers, 960 hommes) 313 954 ou 
353 112 l.t. par an.53 
Ces sommes sont éloquentes, même si elles représentent des maxima qu’il faudrait 
réduire dans des proportions difficiles à préciser. Une garnison de quatre bataillons et 
deux escadrons — c’est la règle à Sarrelouis — équivaut donc à l’apport théorique de 
500 à 700 000 l.t. par an dont les retombées sur la ville ne peuvent être négligeables, 
malgré l’absentéisme de la moitié des officiers ou de leurs hommes (hospitalisation, 
49 AM Metz 4 N 8, Rapport sur le passif des dettes constituées, 23 frumaire an II (13 décembre 
1793), f° 33 r°. L’appréciation de l’administration révolutionnaire est amplement justifiée. La 
liste des exemples serait longue. 
50 Détail de ces soldes pour les hommes de troupe et les bas-officiers des différentes armes dans 
A. Corvisier, thèse citée, t. II, p. 8262—827. 
51 Selon une rétrospective analytique établie le 31 décembre 1770 qui détaille les coûts unitaires 
des diverses compagnies et de l’état-major régimentaire, AG A1 3671/38. Cependant, selon le 
tarif de l’ordonnance du 1er février 1751, l’ensemble des soldes d’un régiment du même type 
représente 303 251 l.t., AG MR 1789/2. Pour un effectif supérieur de moitié seulement, les 
soldes des régiments allemands et suisses valaient le double. 
52 AG A1 3671/38. Cependant, un compte de 1752 ne retient que 57 136 et 29 071 l.t. pour les 
soldes et les fourrages d’un régiment de même type, en négligeant, il est vrai, le coût de 
l’état-major régimentaire (9980 l.t.), BN NAF 2733, ff° 51—61; Rectification faite, on reste 
loin du total de 1754: 96 187 l.t. contre 126 700, soit un tiers de plus. Cette différence 
résume-t-elle le passage des prévisions budgétaires (calculées aux taux maxima d’effectifs, de 
soldes et de consommation de fourrages) au compte d’exploitation qui enregistre le coût réél 
des diverses positions (garnison, quartier d’hiver, étapes) qu’a connues le régiment ou une 
partie de ses hommes en cours d’année ? 
53 AG A1 3672/15 et MR 1741. 
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