Full text: L' esprit, acte pur

l’esprit comme développement 
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substituée par une métaphysique matérialiste et méca¬ 
niste ; et la seconde valait la première parce qu’il n'y avait 
de véritable unité ni dans celle dont les vitalistes faisaient 
leur point de départ, ni dans celle à laquelle aboutissaient les 
mécanistes. En outre, ils avaient recours les uns et les 
autres à l’abstrait pour comprendre le concret qu’est la vie, 
non comme unité abstraite, mais comme organisme, c’est- 
à-dire harmonie, fusion et synthèse de divers éléments : en 
sorte que l’unité ne saurait être sans la multiplicité, ni 
celle-ci sans celle-là. Car ni l’unité ne saurait produire la 
multiplicité comme le prétendait l’antique physiologie, ni 
la multiplicité l’unité comme l’auraient voulu les méca¬ 
nistes. La raison de cette impossibilité est du reste fort 
simple ; ni l’une ni l’autre n’étant un principe réel, ce sont 
deux abstractions et il faut s'en éloigner pour retourner 
à la vraie unité et à la vraie multiplicité qui, loin d’être 
extérieures l’une à l'autre, sont une seule et même chose : 
le développement de la vie. 
3. Conception concrète du développement. — Il existe 
une façon de concevoir le rapport de l’unité avec la mul¬ 
tiplicité qui peut être dite concrète, en opposition à la pré¬ 
cédente qui est évidemment abstraite. Elle consiste à ne 
concevoir l’unité que comme multiplicité, et vice versa ; 
elle nous permet en un mot de voir dans la multiplicité la 
réalité et la vie de l’unité. On ne peut donc dire de cette vie 
de l’unité qu’elle est, mais qu’elle devient, qu’elle se forme : 
elle n’est pas, comme nous l’avons déjà dit, une substance, 
une entité fixe et définie, mais bien un processus cons¬ 
tructif, un développement. 
4. L’unité comme multiplicité. — Nous savons mainte¬ 
nant que l’esprit est développement, et concevoir 
un esprit parfait initialement, ou à quelque moment 
que ce soit, équivaut à la plus absolue incompréhension, 
car ce n’est plus le concevoir comme esprit. Il n’était 
pas au commencement, il ne sera pas à la fin parce qu’il 
n’est jamais : il devient. Le seul verbe prédicatif dont il 
puisse être le sujet est devenir. Aussi ne peut-il avoir
	        

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