Full text: L' esprit, acte pur

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l'esprit, acte pur 
que dans la position intellectualiste et abstraitement ra¬ 
tionnelle d’une métaphysique analogue à celle de Spinoza, 
qui présume pouvoir construire le monde réel — objet, 
on ne sait comment ni pourquoi, de l’intelligence —- sur 
la base de la substance, causa sui, dont l’essence implique 
l’existence, et qui doit par conséquent affirmer comme 
axiome : « ex data causa determinata necessario seguitar 
effectus », puisqu’au fond tout se réduit à un rapport de 
concepts, et effectus cognitio a cognitione causae dependet 
et earndem involvit (1). 
L’efficience est une déduction logique qui implique et 
suppose l’identité ; elle n’ajoute rien à l’identique. L'em¬ 
pirisme, lacérant les filets de concepts dont l'intelligence 
métaphysique s’est enveloppée, et voulant se lancer dans 
la réalité immédiate, ne peut y trouver que la multiplicité 
absolue. Et s’il peut substituer le rapport chronologique 
de succession de l'antécédent au conséquent au rapport 
logique de nécessité, c’est qu'il n'a pas conscience de l’unité 
qui subsiste, malgré tout, dans le simple rapport de temps 
impliquant une élaboration subjective du matériel sensible 
présupposé. Car si l’empirisme arrivait à en avoir cons¬ 
cience, il verrait le lien qui relie la cause à l’effet se briser 
dans la multiplicité pure ; il ne posséderait plus aucun cri¬ 
térium pouvant lui servir à comprendre la réalité. Mais 
dans inconscience de la subjectivité du temps, ce lien de 
causalité demeure limite extrême où puisse parvenir la con¬ 
ception empirique du rapport de condition et conditionné, 
et le dernier point d’appui de la négation de l’unité. 
7. Condition nécessaire mais non suffisante. — Entre 
la causalité efficiente de la métaphysique et la causalité 
empirique reste le concept de la condition nécessaire 
mais non suffisante, schéma hybride d’intelligibilité, c’est- 
à-dire d’unification de la réalité, concept à demi-méta- 
(1) Eth. I, ax. 3, 4. 
Ax. 3. D’une cause déterminée il suit nécessairement un effet, et au contraire 
où il n’y a aucune cause déterminée, il est impossible qu’il y ait aucun effet. 
Ax. 4. La connaissance de l’effet dépend de la connaissance de la cause et la 
suppose nécessairement. (Traduction Boulainvilliers, Ed. Armand Colin, 1907.) 
Le latin de ces deux axiomes est tellement clair que c’est faire injure au 
lecteur philosophe d’y ajouter cette mauvaise traduction.
	        

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