Full text: L' esprit, acte pur

io6 
l’esprit, acte pur 
2. L’espace, multiplicité absolue et positive. — Imaginez 
la multiplicité comme multiplicité positive, actuelle, non 
pas simplement possible et seulement idéale, mais absolue 
(bien que la multiplicité absolue soit une absurdité) et 
absolument positive, non pas réalisable, ou devant être 
réalisée, mais déjà réalisée (ce qui constitue comme je 
l’ai démontré une autre absurdité), et vous aurez une idée 
de l’espace dans lequel nous nous représentons les choses. 
L’espace dans toutes ses déterminations, même en dehors 
de toute question sur le nombre de ses dimensions, com¬ 
porte l’exclusion réciproque de tous les termes de l’expé¬ 
rience actuelle et possible. Tout ce que nous distinguons 
ou pouvons distinguer, et par cela même intégrer dans une 
expérience actuelle, peut être dit « spatial », c’est-à-dire, 
peut se décomposer en éléments et finalement en points, 
chacun desquels est hors de tous les autres qui, à leur 
tour, lui sont extérieurs. Il est possible que nous ne distin¬ 
guions pas les éléments de l’espace, et c’est un fait que 
nous ne distinguons pas les derniers de ces éléments 
qui sont les points. Ils n’en sont pas moins des éléments 
distinguables dans l’objet d’une expérience actuelle ; ou, 
ce qui est la même chose, des éléments distincts dans l’objet 
d’une expérience possible. Ce qui signifie que les éléments 
spatiaux sont distincts d’une distinction qu’aucune expé¬ 
rience ne peut abolir, qui constitue l’objectivité posi¬ 
tive qui leur est propre et semble s’imposer à l’activité 
subjective génératrice de l’expérience. 
3. Le prétendu espace idéal ou possible. — L’espace pos¬ 
sible ou idéal est un non-sens, bien qu’il ait été affirmé 
plusieurs fois. La pensée n’est pas spatiale et l’Hyperura- 
nien dont parle Platon n’a rien de commun avec l’espace 
proprement dit, la x&pa, dont il parle lui-même dans le 
Limée (p. 50-52) comme du réceptacle des formes sans 
lequel les idées resteraient idées, n’ayant ni où ni comment 
se réaliser. Les idées, pour nombreuses qu’elles soient, ne 
font qu’un, car elles se coordonnent et résolvent dialec¬ 
tiquement toute leur multiplicité ; quant à l’espace pensé, 
l’idée de l’espace n’est pas plus une multiplicité en elle-
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.