Full text: L' esprit, acte pur

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l’esprit, acte pur 
on la verrait se superposer aux choses vues en imagi¬ 
nation et à toute la vie vécue dans le rêve, sans possibilité 
de discernement et d’appréciation. Cela signifie en somme 
que le seul et véritable positif est l'acte du sujet se posant 
comme tel ; sujet qui en se posant lui-même pose en soi 
comme un élément qui lui est propre, toute réalité positive 
dont la positivité est une conséquence de son rapport 
d'immanence avec l’acte par lequel le Moi se pose de façon 
toujours plus riche et plus complexe. 
Aussi suffit-il de soustraire notre subjectivité au monde 
que nous contemplons pour qu'il devienne un rêve dépourvu 
de positivité; car si nous introduisons notre présence 
dans le monde de nos rêves (comme nous le faisons effec¬ 
tivement lorsque nous rêvons et qu’il n’y a pas de désac¬ 
cord entre le résultat de l’expérience et les choses rêvées) : 
le même rêve deviendra une réalité massive, positive 
au point de secouer notre personnalité, de nous passionner, 
de nous faire vibrer de joie ou trembler de peur. 
13. L'individu comme universel autouroduisant. — 
L'individu comme nous l'entendons et l’universel corré¬ 
latif ne sont évidemment pas deux objets ou deux posi¬ 
tions statiques de la pensée. Ils n’ont droit ni l’un ni l’autre 
à la catégorie de l'être, car, rigoureusement parlant, il n’y a 
aucun particulier et aucun universel. Aussi ne saurait-on 
dire purement et simplement que l’individu cherché par Aris¬ 
tote n’appartient pas à la nature mais à la pensée, parce 
que la nature est véritablement en tant que terme de la 
pensée qui la présuppose : pour laquelle raison Platon 
disait justement que l’universel est. Mais notre universel 
est l’universaliser ou, plus exactement, l’universel auto- 
produisant, puisque cet universel ne fait qu’un avec la 
pensée qui le produit. Il en est de même de l’individu 
qui consiste en un acte au lieu d'être un principe ou un terme 
d’acte, et consiste vraiment dans l’acte d'autoindivi¬ 
dualisation qui le détermine. Et, en conclusion, on ne 
peut parler d’universel et d'individuel qu’autant que l’on 
considère le Moi qui pense et qui par l'acte de penser s’uni¬ 
versalise en s'individualisant, et s’individualise en s’uni-
	        
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