Full text: L' esprit, acte pur

CHAPITRE VII 
L’Individu en qualité de Moi 
i. Critique du positif extrasubjectif. — L’individu consi¬ 
déré comme un véritable positif, posé pour le sujet mais 
non par le sujet, et s’imposant à la pensée comme la seule 
réalité sur laquelle elle puisse s’appuyer, est un concept 
absurde. Il y a une évidente contradiction de termes 
pour quiconque veut approfondir le sens de l’expression 
« posé pour le sujet » lorsqu’on dit : posé pour le sujet sans 
entendre posé par le sujet. 
Posé pour le sujet veut dire objet. En niant que l’individu 
positif puisse dépendre du sujet qui doit le présupposer 
pour prendre pied dans la réalité, on ne fait que le dépouil¬ 
ler, ou, plus exactement, on tâche de le dépouiller de tout 
élément capable d’attester l’action du sujet. On tâche 
vraiment de purifier et potentialiser son individualité en 
lui en ôtant toute forme d’universalité conférée par la pensée 
du sujet qui se l’est appropriée comme matière d’élabora¬ 
tion. Cependant toute épuration a une limite, et si on 
la dépassait en dépouillant l’individu de tout ce qui lui 
vient du sujet, il cesserait, ipso facto, d'en être le point 
d’appui, et ne lui laisserait plus la possiblité de se soustraire 
aux idées pures qui le renferment dans le monde subjec¬ 
tif pour communiquer avec la réalité. Or, cette limite est 
évidemment le point que l’objet ne peut dépasser sans cesser 
d’être tel : point qui est un terme de la conscience et par 
conséquent quelque chose de relatif au Moi. Dépouiller 
l'objet du rapport absolu qui le lie au sujet, c’est lui ôter 
toute qualité d’objet et toute valeur lui venant de cette 
qualité. De sorte que l’individu positif ne saurait se con¬ 
cevoir que dans son rapport avec le sujet.
	        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.